Conseil-Psy: une écoute et un accompagnement permanents

La fessée : pour ou contre ?




Le Conseil de l'Europe veut en finir avec cette brimade. Il a lancé dimanche 15 juin 2008 (justement jour de la fête des pères en France……alors père « noël » ou père « fouettard » ??) une campagne — «Levez la main contre la fessée » — pour l’abolition de ce qu’il nomme «les châtiments corporels» dans les 47 pays qui le composent. Le terme de «châtiment corporel», qui fait penser au martinet, à la maltraitance, englobe également la fessée. Actuellement, seuls dix-huit pays interdisent ces gestes à l’école, mais aussi à la maison. En France, les parents ont tout à fait le droit de donner la fessée à leur enfant…..pour l’instant !


Cela m’a interpellée en tant que mère….. la fessée, un châtiment corporel ? je trouve le mot un peu fort. Mais il faut savoir de quoi on parle. Il y a les fessées à tour de bras, « gratuites », qui n’ont aucun sens et sont en elles-mêmes un principe éducatif. Dans ce cas-là, cela ne construit pas l’enfant, au contraire, cela lui laisse entrevoir l’apologie de la violence physique en toute occasion. Et il y a la fessée qui sert à poser les limites.

Personne ne veut promouvoir les sévères raclées, mais l’initiative du Conseil, basée sur l’idéologie de la protection de l’enfance et de celle des droits de l’homme, risque de culpabiliser des générations de parents, notamment français donc. Parents dont je fais partie, je ne suis pas « pro » fessée mais il m’arrive d’en donner à mes enfants et cela à bon escient, il me semble. Ce sont mes principes éducatifs et tous les bien-pensants et les pseudos conseils de psychologues et autres pédopsychiatres n’y changeront rien (je précise que je suis moi-même psychologue). Par contre, le débat est intéressant, s’il ne tombe pas dans l’affrontement de deux franges intégristes qui camperont sur leur position. Moi j’accepte d’entendre les arguments des « anti-fessées » et je peux les comprendre mais arrêtons de jouer aux bien-pensants. Bien sur je suis contre la violence, la maltraitance, les châtiments corporels……bien sur je ne prône pas la fessée à tout bout de champ mais tout n’est pas blanc ou noir.

Jusqu’où peut aller l’ingérence de la loi dans notre vie privée ? A mon avis, la loi est protectrice et permet une certaine organisation de la société. Si elle intervient dans la sphère privée, c’est lorsque les conséquences jaillissent sur le collectif. « Protectrice » allez-vous me dire ? la loi a donc pour visée de protéger les enfants contre les coups de leurs parents. D’accord. Mais c’est là où je fais la distinction entre la violence et la fessée. Même si c’est un acte corporel, parfois douloureux, je ne considère pas un adulte donnant une fessée « justifiée » « expliquée » comme une personne maltraitante.

Sinon, quid de la violence psychologique
? insultes, hurlements perpétuels, humiliations…..créent d’énormes dégâts dans la construction de l’enfant, notamment au niveau du développement narcissique et de la confiance en soi. Un enfant peut échapper à toutes les fessées du monde et être fragile psychiquement par maltraitance psychologique. Que faire dans ce cas-là ? S’enorgueillir d’être « anti-fessée » parce que cela n’est pas bien pour l’enfant mais faire plus de dégâts encore

Revenons au Conseil Européen, qui prône en la matière la ''«tolérance zéro»: ni baffe, ni tape, ni claque, assimilées à des «mauvais traitements», des «humiliations» et autres «mutilations»''. Lors de la 28e conférence européenne des ministres chargés des Affaires familiales, en mai 2006, la secrétaire générale adjointe invoquait le ''«devoir de protéger l’intégrité physique et psychologique» et «la dignité humaine de nos enfants». «Nous ne sommes pas autorisés à les frapper, les blesser et les humilier. Un point c’est tout. [.] Nous devons changer de mentalités et adapter nos lois en conséquence.»'' Les blessures et autres humiliations sont réduites à des actes physiques. Alors que chacun sait les dégâts que peut causer tout ce qui est de l’ordre psychique. Alors, pourquoi ne pas élargir le texte. Et puis changer les mentalités, cela est risqué, il faudrait mettre des garde-fous…..cela impliquerait d’imposer non seulement une façon de faire, un comportement, mais aussi une façon de penser, d’être….et qui déciderait de ce qui est bien ou mal, avec quelle légitimité
? Je trouve le sujet très « casse-gueule » (excusez le terme !!)

La psychanalyste et philosophe Alice Miller émet depuis longtemps, l’idée qu’il n’y a pas de bonne fessée. Que la violence à l’égard des enfants génère la violence chez les adultes. En enregistrant le «message erroné», selon lequel «les enfants sont frappés pour leur bien», les parents nient la souffrance et enseignent le recours à la violence. «Les sanctions entraînent une obéissance à court terme, mais, à plus long terme, engendrent la peur, souvent déguisée en agressivité, soif de vengeance, haine, volonté d’être enfin au pouvoir, pour punir les plus faibles. Elles conduisent à un cercle vicieux», déclarait-elle à Libération, en 1999, lors de la création de l’association Eduquer sans frapper. De même, l’association Ni claques ni fessées fait circuler une pétition pour la promulgation d’une loi «qui dise le droit de l’enfant à être élevé sans claques ni fessées, et le devoir du parent contrevenant de se faire aider dans sa tâche éducative».

Là aussi je m’insurge !!! La fessée est une punition parmi tant d’autres. Ce n’est pas quelque chose pour le bien de l’enfant. Il faut évidemment expliquer aux enfants les tenants et les aboutissants de la punition. Chaque enfant est différent, chaque parent est différent……..Quand j’entends qu’il faudrait, lorsque le parent est en colère ou stressé et est tenté de donner la fessée, qu’il dise à l’enfant d’aller dans sa chambre un moment pour pouvoir faire une pause et se calmer, je rigole !!!!!!!! et si l’enfant refuse d’aller dans sa chambre Quelle solution me donnent ces associations ?? En matière d’éducation, il n’y a pas de livre de recettes à appliquer à tout moment par tous, ce serait trop simple !!

Quand on me parle de violence qui engendre la violence ou de mauvais modèle pour l’enfant, tout cela peut se verbaliser de la part des parents. Nous pouvons expliquer à l’enfant la raison de la fessée ou autre punition. En effet, il ne faut pas que cela tombe comme cela et laisse l’enfant dans l’incompréhension. L’enfant a besoin de repères mais aussi de limites et à mon avis, une fessée donnée parfois (comme toute autre punition expliquée) permet de poser non seulement son autorité mais aussi des limites éducatives. Et justement, ce genre de projet de loi entraîne de la culpabilisation de la part des parents qui donnent parfois une fessée et déstabilise leur mode éducatif mais aussi les repères de l’enfant face à l’autorité parentale qui d’un coup se trouve flageolante.

Tout n’est pas blanc ou noir. Il faut trouver le juste milieu, de la modération dans les actes et les propos. Arrêtons de tout sanctionner ou diriger, ou alors tout le modèle éducatif doit être imposé et dans tous les domaines : fessées mais aussi remarques blessantes, violence psychologique, alimentation (à quand des menus imposés par l’autorité européenne pour que nos enfants devenus adultes rentrent dans la taille 36/38 ?)….

Le parent doit montrer l’exemple, doit accompagner son enfant tout au long de son développement pour que celui-ci soit le plus heureux possible, devienne un adulte respectable, respectueux. Bien sur la parole et le dialogue sont les meilleures armes pour cela mais il ne faut pas pour autant passer par un projet de loi pour interdire les autres méthodes alternatives quand celles-ci font partie d’une globalité éducative et n’en sont pas que les seuls moyens. Montrer son autorité à son enfant en lui imposant des règles, des repères, des limites, c’est aussi lui montrer qu’on le protège, qu’on le prépare à l’avenir, qu’il peut donc grandir en toute confiance et devenir autonome et je ne crois pas que la fessée aille à l’encontre de cela.

 

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Actualités

Le co-sleeping : pour ou contre ?

 

Le co-sleeping ou sommeil partagé est la pratique des parents dormant avec leur bébé dans leur lit. Encouragé par certains mais dénoncé par d'autres, le co-sleeping est au coeur d'une polémique où il devient difficile de s'y retrouver. Alors le co-sleeping, bon ou mauvais?


Le pour:

Le tout premier avantage du co-sleeping est qu'il favorise l'allaitement : en effet, vu que Bébé dort tout à côté, pas besoin de se lever, d’aller jusque sa chambre, de faire l'effort de le soulever avant d'attendre qu'il se rendorme avant d'aller rejoindre ses draps chauds. En étant tout à côté, vous n'avez qu'à vous relever en position assise en le prenant dans vos bras, et le tour est joué ! Sans compter que le fait de ne pas devoir se relever plusieurs fois dans la nuit limite beaucoup la fatigue de la maman le lendemain.
Selon certaines études, le co-sleeping permettrait aussi au bébé de passer de meilleures nuits en étant rassuré par la présence de ses parents, eux aussi plus sereins d'avoir leur bébé à leurs côtés. Enfin, le fait de dormir avec son bébé évite l'assimilation "couchage = abandon" et évite donc les pleurs au moment de se coucher.

Le contre:

La première raison qui encourage certains à mettre en garde les parents contre le co-sleeping, est le risque d'accident grave avec Bébé. En effet, d'une part les lits pour adultes ne sont pas du tout adaptés aux bébés qui peuvent chuter, se coincer contre le cadre du lit ou encore s'étouffer dans les oreillers ou dans les draps et les couvertures. D'autre part, les parents peuvent asphyxier leur bébé en se retournant sur lui en pleine nuit sans s'en rendre compte, ou bien le blesser gravement en lui donnant un coup violent (notamment écrasement thoracique).

Le co-sleeping en toute sécurité:

Si vous avez décidé de dormir avec votre bébé, veillez à bien tout prévoir afin de limiter le plus possible les risques d'accident. Dans un premier temps, adaptez votre literie : choisissez un matelas dur – les matelas mous favorisent l'étouffement – et enlevez les oreillers, coussins, couettes et couvertures qui peuvent habituellement être sur votre lit. Si c'est possible, ajoutez une barrière pour que votre bébé ne tombe pas. Ensuite, couchez votre bébé sur le dos et ne partagez surtout pas votre couverture avec lui : laissez-lui son surpyjama ou turbulette et prenez garde à ne pas le recouvrir avec la couverture.

Le meilleur compromis reste de dormir avec son bébé dans sa chambre, mais en le laissant dans son berceau placé tout contre le lit. Cela permet de dormir avec lui tout en réduisant considérablement les risques d'accident. Ceux-ci sont plus fréquents qu'on ne le croit...

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