Conseil-Psy: une écoute et un accompagnement permanents

Allergies alimentaires et diversification trop précoce

 


Beaucoup de parents ont hâte de constater les progrès de leur enfant et de voir leur petit gagner en autonomie... Chaque petit geste appris est une fierté pour le parent qui se dit que son enfant évolue bien, comme tous les autres.
En matière d'apprentissage vers la vie d'adulte, l'alimentation, et surtout la diversification alimentaire, est le sujet qui fait le plus débat depuis une trentaine d'années.
Quand doit-on commencer à introduire des aliments en dehors du lait ? Comment ? Lesquels ? Tous les parents se posent ces questions, souvent génératrices d'angoisses, et se retrouvent confrontés aux multitudes de théories qui ont vu le jour depuis les années 60.
Avant de discuter des effets pervers de la diversification précoce, le meilleur conseil que nous puissions vous donner c'est de :
Lire le tableau récapitulatif du carnet de santé de votre enfant, ainsi que ses légendes.Il résume parfaitement les besoins alimentaires de votre enfant en correspondance avec son age.

Si malgré ces recommandations vous vous décidez à introduire des aliments avant que ce ne soit nécessaire, sachez que vous faites encourir sciemment certains risques à votre bébé. Alors avant de franchir le pas, consultez votre pédiatre ou demandez conseil à la PMI.

Aujourd’hui, la France reste, d’après le Pr Voyer, « le pays d’Europe où la diversification de l’alimentation est la plus précoce »
Pourtant, à ce jour, aucune étude n'a révélé qu'une diversification alimentaire précoce développerait mieux l'intelligence de l'enfant... Ni même que nos voisins européens seraient plus déficients que nous...
NE PAS CONFONDRE, DONC : précocité alimentaire et précocité intellectuelle...
Depuis un arrêté du 17 avril 1998, les aliments pour bébés doivent obligatoirement porter la mention « à partir de 4 mois ».
Espérons qu'un jour elles porteront la mention « à partir de 6 mois » qui est l'âge "recommandé" (et non "possible") par le carnet de santé.

Les partisans de la diversification précoce avancent généralement deux arguments en sa faveur : la formation du goût et la croissance harmonieuse de l’enfant.
Malheureusement pour ces deux points, toutes les études récemment menées indiquent entièrement le contraire.

Pour le premier point, les bébés allaités bénéficient dès le début d’une diversité de goûts, puisque le lait change de goût selon ce que mange la mère dans les heures précédant la tétée. Pour eux, la formation du goût est donc bien assurée !
Quant aux bébés au biberon, s'ils ont "plat unique" chaque jour, aucune étude n'a révélé de retard de croissance pour début de diversification plus tardive.
Attention donc à ne pas assimiler développement gustatif et croissance / autonomie de l'enfant .

Pour le deuxième point, sachez qu'un enfant diversifié trop tôt encourt les risques suivants :

  • étude UNICEF : excès de risque significatif de gastro-entérite (rappelons que la diarrhée est un vrai problème de la petite enfance mondiale), le système digestif n'étant pas pret pour d'autres aliments.ce n’est que vers l’âge de 6 mois que le nourrisson est capable d’entraîner les aliments vers l’arrière pour les avaler et il faudra attendre 9 mois pour voir apparaître les premiers mouvements masticatoires réflexes.
  • étude ANAES : risque de pneumonie / otites supérieur à la normale
  • risque d'Obésité précoce : à l'heure où l'on fait la chasse aux sorcières de l'obésité, il serait bon de faire un point sur l'appétit du nourrisson. Un nourrisson sait naturellement ce dont il a besoin et en quelle quantité. Il est naturellement capable en grandissant, même sans y être inciter, et ne serait-ce que par curiosité, de progressivement avoir envie de gouter certains aliments. Les mères ont tendance à choisir ou à préparer des aliments au goût sucré pour débuter la diversification de leur enfant (cette habitude est préjudiciable tant pour son caractère cariogène que pour l’appétence particulière pour le sucre à laquelle elle conduit). S'il existe un terrain familial (direct ou non), il est fortement recommandé d'en discuter avec votre pédiatre
  • risque d'Allergies (alimentaires ou non): Plusieurs travaux prospectifs démontrent que l’introduction d’aliments autres que le lait avant l’âge de 6 mois augmente significativement le risque de survenue de manifestations allergiques, notamment eczéma et allergie alimentaire.

Lorsqu'un terrain familial allergique existe (ascendance directe ou non), il est recommandé de repousser la diversification au début du sixième mois car ces enfants sont considérés comme une "population à risque". Il vous sera peut être même conseillé par votre médecin d'attendre 9 mois avant l’introduction d'aliments très antigéniques (œufs, poissons, arachide, soja, blé, oranges). Par ailleurs, l’introduction des amidons (farines, féculents…) et celle des graisses saturées (graisses lactées naturelles, viandes…) doit être évitée avant l’âge de la maturation des sécrétions amylasiques et lipasiques pancréatiques qui se situe vers 6 mois. C'est à dire qu'avant, votre enfant n'est pas capable de digérer ces farines correctement, et que votre enfant peut développer une intolérance, voire une allergie.

Une allergie (alimentaire ou non) peut être vécue comme un véritable fardeau. Bien sûr nous ne sommes pas tous égaux face aux allergies. Certains enfants seront résistants à une exposition précoce aux allergènes, d'autres y seront sensibles... Mais qu'est ce qu'attendre 2 mois, contre une allergie au gluten... qui vous empèche de partager le gateau d'anniversaire que vos copains rapportent en classe...contre un eczéma atopique, qui vous empèche de vous exposer au soleil chaque année...

Si vous avez toujours l'impression que ces recommandations sont issues de fantaisies collectives, consultez les sites suivants
Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports avec son site Manger-Bouger.fr
Allaiter Aujourd'hui n° 62, LLL France 2005 (documentation la leche league)
Centre de Documentation OMS sur l'alimentation Infantile
Centre de Documentation UNICEF sur la Nutrition
Cahier de Nutrition

 

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Actualités

Décès, Enterrement... oser parler de la mort avec ses enfants

 

Comment aborder ce sujet délicat avec votre enfant ? Souvent les parents ont tendance à éviter le sujet pour mieux le protéger. Pourtant, il arrive un moment où l’on ne peut plus reculer devant cette vérité. Comment expliquer de façon claire ce sujet encore tabou et douloureux ?


Cette question existentielle est de la plus haute importante pour un enfant et il ne faut pas attendre la venue d’un drame pour en parler.

Les enfants sont intrigués par la mort. Ils sont très tôt confronté à celle-ci (animal de compagnie, famille…).
Le questionnement sur la mort s’inscrit dans le développement intellectuel, affectif et social de tout enfant, et encore plus à l’adolescence. Il ne faut surtout pas attendre qu'un drame survienne pour amorcer une discussion sur ce thème. En réalité, dans une famille où tous les sujets sont abordés librement, où l'enfant peut poser des questions sans craindre de fâcher ses parents, bref où le dialogue est une habitude, la mort apparaît forcément dans les sujets de conversation.

Dans le souci de préserver l’enfant, les parents sont parfois tentés de taire la gravité d’une maladie ou de la mort. Il est pourtant plus sain de ne pas fuir les questions de l’enfant, de ne pas inventer une histoire du type « Il est parti loin». Cela laisse la porte ouverte à tous les fantasmes. Il faut simplement lui expliquer qu’il ne reviendra pas. Si cela peut être dur à entendre sur le coup, l’acceptation n’en sera ensuite que moins douloureuse.

Il faut savoir que ce n’est pas la mort qui effraie l’enfant mais c’est la séparation, la peur d’être abandonné. Ainsi, le silence qui entoure la mort ne protège qu’illusoirement les adultes. Afin de protéger son enfant contre l’angoisse de mort, il faut le rassurer et lui donner la certitude qu’il est aimé et qu’il ne sera jamais abandonné.

L’enfant réagit différemment en fonction de son âge, de sa personnalité et de sa relation avec la personne décédée.

La vie et la mort sont présentes dès les premiers jours de l’enfant, symbolisées par l’absence, la perte et la réapparition, même si l’enfant ne peut intégrer ce qu’est réellement la mort. Chez les bébés, la relation à l'autre est cruciale. La dépendance physique et affective rendent l'autre constitutif de soi-même et par conséquent, la disparition d'autrui peut s'avérer très destructrice. Pour le petit enfant, les proches représentent une sécurité, une protection. Si l'un d'entre eux disparaît, l'enfant se sent perdu. Livré à lui-même, il ressent une profonde détresse. L'amour de l'autre était la condition sine qua non de son existence. Plus un enfant est petit, plus il perçoit la mort d'un point de vue sensoriel. C'est la disparition physique qui marque son esprit. Le timbre de la voix, le toucher, l'image de la personne disparue lui manquent très concrètement. D'ailleurs, un nourrisson qui perd sa mère, vit cette mort comme une amputation, une perte d'une partie vivante de lui-même. Ce deuil, non élaboré psychiquement, ne s'inscrit pas dans la mémoire du bébé mais dans son propre corps. Il ressent des années plus tard, sans même pouvoir l'identifier, une manière d'être porté ou bercé, l'odeur d'un parfum. Cela peut laisser des traces indélébiles.

Vers 2 ans, l’enfant prend conscience que les personnes et les objets continuent d’exister même hors de sa vue. Il n’a pas de représentation de la mort mais il connaît l’absence, la séparation et l’angoisse qui en découle.

Vers 3 ou 4 ans, l'enfant intègre l'idée de mort par les différentes expériences de perte qu'il traverse : celle de la perte d'une peluche fétiche, d'un animal domestique, la première séparation avec maman à la crèche etc.
Puis, par tout ce qu'il apprend à l'école et auprès de ses aînés, il est forcé d'accepter la notion de mort. La réalité s'impose à lui exactement comme pour la "révélation" de la non-existence du père Noël.
La mort passe d’abord par la notion d’abandon. Plus tard encore, ses aînés lui apprennent ce qu’est la perte, faire le deuil de quelque chose, en lui faisant prendre conscience de certaines réalités. Parmi les plus connues, la non-existence du père noël. Lors de la phase oedipienne, le petit garçon qui voulait tant que son père disparaisse pour enfin bénéficier de toute l'attention de leur mère aura la terrible impression que tout est de sa faute. Pour les filles, c'est bien évidemment le schéma inverse, mais les effets sont identiques. De la même manière, l'adolescence et son lot de conflits représente une période particulièrement délicate. La disparition d'un parent majore à l'extrême les discordes entre les membres de la famille. La mort rend réel les fantasmes les plus inavouables provoquant chez l'enfant une terrible culpabilité.

C’est entre 3 et 5 ans que le concept de mort apparaît, concept que les enfants peuvent utiliser sans angoisse mais qui est associé à de la tristesse ou à du chagrin. Pour les enfants de cet âge, la mort ne touche que les personnes âgées. La mort est également vécue comme temporaire et réversible. Cette idée de réversibilité est influencée par les jeux dans lesquels on joue à être mort et où l’on revit une fois le jeu terminé.

Entre 4 et 6 ans, l'enfant sort donc de son univers magique et perd son impression de toute puissance.

Jusqu’à l’âge de 7 ans, la mort sera imaginée sous la forme d’un personnage méchant et maléfique (fantôme, monstre,...) Les enfants parlent, interrogent et veulent comprendre ce que ressentent les personnes mortes et ce qu’elles font. Pour eux, les morts continuent à avoir des pensées, des ressentis, des sensations. Ils peuvent voir et entendre les humains. Les explications des parents sont d’autant plus nécessaires que cette période est celle de la pensée magique : l’enfant croit qu’il peut provoquer la mort simplement parce qu’il l’a souhaité ou imaginé d’où un sentiment de culpabilité qui peut parfois apparaître.

L’idée de la mort comme irréversible, universelle et inévitable s’installe à partir de 6-7ans, au moment de la scolarité obligatoire.

Vers 8-9 ans, la mort est vécue comme une injustice qui pourrait être évitée par une bonne conduite. D’où la nécessité que les parents soient clairs, simples en parlant du décès d’un proche, notamment en ce qui concerne les circonstances.

Les adolescents peuvent avoirs des difficultés à composer avec la mort. Contrairement à un enfant de 4 ans, ils se projettent déjà dans l’avenir et ont donc une conscience pertinente du deuil et de l’échéance de leur vie future.

Ainsi, si un décès survient dans la vie de votre enfant, il aura été judicieux d’avoir abordé le sujet auparavant.

Il est essentiel de lui annoncer rapidement, sans attendre qu’il s’étonne de ne plus voir la personne depuis quelques temps. Vous devez donc lui annoncer en douceur que cet être cher est parti au ciel et ne reviendra pas. Et si la douleur est trop grande pour vous, dites-lui simplement que vous êtes très triste et que vous lui en direz davantage un peu plus tard. Le mensonge doit donc être totalement exclu, au risque de générer des confusions et des angoisses chez l’enfant. Et puis, sachez aussi qu’un enfant est tout à fait apte à comprendre votre chagrin et peut même être un très bon consolateur.

Il est aussi nécessaire d’expliquer à un enfant que si l’être aimé n’est plus présent physiquement, il le sera toujours dans son cœur et l’accompagnera tout au long de sa vie.

Il n’y a pas qu’une bonne façon de parler de la mort avec les enfants. Mais il y a une très mauvaise façon de l’aborder et de traiter les enfants, c’est de ne pas parler avec ces derniers quand ils questionnent sur la mort ou quand ils la rencontrent.

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