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Personnes âgées et risques suicidaires

Avec le vieillissement des populations, on assiste de plus en plus souvent, à des suicides de personnes âgées, parfois en couple, parfois seule. L’allongement de la durée de vie et le développement de la dépendance qui en résulte, parfois, motivent certains à vouloir en finir avec la vie, plutôt que d’aller en maison de retraite et avant de devenir une charge pour leurs familles.


Les personnes âgées sont moins résistantes que les plus jeunes et leurs chances de survie ou de récupération suite à une tentative de suicide sont moindres. De plus, comme elles vivent souvent seules, les possibilités d’êtres secourues sont minimes. Il semblerait aussi que les personnes âgées utilisent des méthodes de suicide plus létales et présentent généralement moins d’ambivalence face au suicide.

Selon les recherches, 60 à 80 % des aînés qui se suicident souffrent d’une dépression. Celle-ci est souvent associée aux pertes physiques et sociales. Les maladies chroniques, les handicaps physiques et la dépendance associée à certains problèmes, de même que la douleur chronique sont aussi liés à la dépression et au suicide. Les problèmes de consommation et d’abus d’alcool constituent également un facteur important de risque de suicide chez les personnes âgées.

Un réseau social déficient représente un des facteurs d’influence associés aux gestes suicidaires. En effet, le fait de vivre seul et de ne pas avoir de confident est associé au suicide chez les personnes âgées. Les conditions d’hébergement des personnes âgées sont également rapportées comme étant associées au suicide.

Le veuvage est un des facteurs environnementaux immédiats les plus liés au suicide chez les hommes âgés. L’abus ou le mauvais usage de médicaments est également un facteur de risque important. L’anticipation d’un placement en centre d’accueil peut s’avérer un facteur susceptible d’entraîner le suicide, cependant il peut aussi constituer un facteur de protection.

Certains autres facteurs de risque liés au suicide chez les aînés, outre la pauvreté, la perte de la viabilité financière, peuvent être des événement tels que la perte d’un emploi ou la mise à la retraite. L’accumulation : perte du conjoint, perte du réseau social, notamment d’amis, de confidents, de relations ou d’un rôle dans la société ; perte d’un travail significatif, de son domicile et d’une certaine structure dans sa vie, représente également un facteur de risque.

Les personnes âgées sont parfois réticentes à demander de l’aide (particulièrement les hommes) ou dans l’incapacité de le faire. De plus, il y a un manque de services appropriés et de dispensateurs de soins aptes à prévenir le suicide, à prendre des mesures en cas de suicide et à reconnaître la dépression chez les personnes âgées.

Selon un sondage de la Sofres, 77% de la population pensent que ce sont les adolescents qui se suicident le plus, alors qu’en réalité, ce sont les personnes âgées. Plus l’âge augmente et plus les taux de suicide sont importants. On note une certaine attitude conciliante de la société face au suicide d'une personne âgée et malade : le suicide d’un adolescent marque, certes, plus les esprits que celui d’un ancien. Parmi les facteurs sociaux liés au suicide, on reconnaît notamment les attitudes culturelles. En effet, notre société a tendance à s'expliquer facilement et à accepter le suicide d'une personne âgée, alors qu'elle refuse celui d'une personne plus jeune. Le risque est accru par le fait que les personnes âgées partagent elles-mêmes cette attitude. Si la tentative de suicide de l'adolescent peut avoir une certaine valeur d'appel à l’aide, cela n'est à l'évidence plus le cas au grand âge.

Pour les personnes âgées beaucoup parlent même de suicide rationnel voire légitime, mais ce raisonnement fait complètement abstraction de la souffrance de nos aînés… En effet, "on parle souvent du droit au suicide lorsqu'il s'agit de personnes âgées, malades, en phase terminale, très rarement lorsqu'il s'agit d'adolescents ou d'enfants.

Malheureusement, cette vision culturelle qui considère le suicide chez les personnes âgées comme étant potentiellement un choix justifié, voire rationnel, peut avoir des répercussions catastrophiques auprès de personnes souffrantes et vulnérables en les encourageant éventuellement à passer à l'acte.

Les raisons qui conduisent une personne à se suicider sont multiples, mais nous pensons que le veuvage, les traumatismes liés à la guerre, une maladie de longue durée et la solitude sont des facteurs aggravants d’un mal-être pouvant mener au suicide. Or, les signes du mal-être, de la dépression sont souvent masqués chez les personnes âgées, ou considérés comme de simples corollaires de la vieillesse.

La distinction entre la personne âgée au prise avec une dépression clinique dont le désespoir et les idéations suicidaires constituent des symptômes curables, de la personne âgée qui choisit, de façon rationnelle, de s'enlever la vie, est difficile à faire, car contrairement à la pneumonie ou au diabète, il n'y a pas de test diagnostique pour la dépression majeure qui est d'ailleurs rarement reconnue ou traitée par les médecins consultés. Il serait donc fort probable qu'on soit tenté de croire que la personne âgée suicidaire choisit de s'enlever la vie de façon éclairée, alors qu'en réalité ses idéations suicidaires et son désespoir sont souvent les symptômes d'une dépression.

Nous savons que les traitements de choix de la dépression sont les antidépresseurs.
Cependant, il faut avoir en tête que certains antidépresseurs prescrits aux sujets âgés risquent d’augmenter les gestes suicidaires dans cette catégorie de la population. La dépression chez les personnes âgées est un problème peu reconnu et peu traité qui diminue la qualité de vie pour beaucoup d’entre elles et les empêche de profiter agréablement de leur retraite. Le phénomène touche à la fois les personnes âgées qui vivent en institution et celles qui demeurent chez elles.
À tout âge, la dépression est difficile à diagnostiquer en raison de la multiplicité des causes et des symptômes. Chez les personnes âgées, le portrait est souvent compliqué par la coexistence de problèmes physiques sévères qui masquent la dépression. Trop souvent la dépression est ignorée parce qu'elle serait “compréhensible“ en regard des autres problèmes de santé qui confrontent la personne.

Que la dépression soit déclenchée par la mort du conjoint, une grave pathologie ou toute autre cause non décelée, l'assistance professionnelle est requise. Dans tous les cas, la sortie de la dépression facilite le retour au fonctionnement normal pour la personne.

Chez les personnes âgées, les symptômes classiques de la dépression (la profonde tristesse et l'absence de plaisir au contact de personnes et d'activités que l'on affectionne) sont souvent remplacés par de l'apathie et de l'irritabilité, un désintérêt envahissant pour la vie et pour ce qu'elle offre. D'autres repères de la dépression chez les personnes âgées sont la difficulté de concentration, les pertes de mémoire, la perte d'appétit, la diminution de l'énergie physique. Ces symptômes peuvent facilement être assimilés à des signes du vieillissement et ainsi être ignorés.
La dépression présente des aspects chroniques et récurrents et requiert des soins à long terme, accompagnés de modifications aux habitudes de vie et, généralement, de changements aux aspects environnementaux de la personne. Le soutien social, particulièrement des membres de la famille, est déterminant.

On note aussi les liens entre certaines maladies et le taux de suicide des personnes âgées. Ainsi, les problèmes cardiaques, respiratoires, l'épilepsie, la dépression et l'angoisse, les désordres psychotiques et les douleurs aiguës sont associés à un risque de mort volontaire particulièrement élevé. Et le taux de suicide est encore plus important chez les patients suivis pour plusieurs de ces pathologies.

D’autre part, il est assez déroutant de constater que la moitié des personnes ayant mis fin à leurs jours ont rendu visite à un médecin la semaine précédant leur geste. Cela en dit long sur la prise en charge insuffisante et insatisfaisante des personnes âgées les plus vulnérables. Il est donc nécessaire de mieux cerner et mieux prévoir ce risque suicidaire chez les personnes âgées. Les changements d'humeur ou le manque de tonus sont souvent considérés comme les simples conséquences de la vieillesse. Ils sont parfois les premiers symptômes d'une détresse pouvant conduire au suicide.

À tous les âges, les personnes qui disposent d'une bonne santé mentale et qui vivent avec une déficience physique ou une maladie chronique apprennent à s'adapter à leurs limitations et à retirer de la vie ce qu'elle a de mieux à leur offrir. On pourrait donc penser que ce n'est pas tant la maladie qui cause la dépression, c'est la dépression qui accroît le risque de maladie, de déclin fonctionnel et même de démence.

Enfin certains comportements peuvent représenter de véritables équivalents suicidaires, notamment le refus de soin, le refus de s'alimenter, la mise délibérée en danger, la régression massive...

Ces suicides de personnes âgées sont extrêmement difficiles à supporter pour les proches. Ceux-ci en restent très affectés, inconsolables, se sentent responsables. Aussi dur que cela puisse être de s’occuper d’une personne en phase terminale, souvent cela aide à réconcilier les familles, à oublier les griefs et montrer de l’amour tout en prévenant un développement de ces suicides, compte-tenu du vieillissement de la population et notamment de l’arrivée de boomers dans l’âge de la retraite.

Il faut surtout développer les soins envers les personnes âgées mais aussi le soutien aux soignants, aux proches qui s’occupent d’un parent âgé ou malade.

Notre société mise sur la jeunesse, la force et la beauté. Les personnes âgées développent ainsi souvent un sentiment d'inutilité. Mais, si le sujet du suicide des vieux est si tabou, c’est qu’il remet aussi en cause notre modèle de société individualiste où le « jeunisme » prime. Si nos aînés décident volontairement d’en finir, c’est surtout parce notre société les oublie et ne les respecte plus. En un siècle, l’image de la personne âgée a bien changé, passant de celle de l’ancien savant et respecté à celle du vieillard malade et ennuyeux. Solitude, dépression, maltraitances, tous les indicateurs de leur détresse sont à la hausse et peu d’initiatives sont mises en place pour que nos aînés reprennent goût à la vie. L’ attitude de la société à accepter le suicide chez les personnes âgées et malades ne devrait jamais remplacer le respect que nous leur devons et les services nécessaires pour leur assurer un maximum de dignité et d'autonomie pendant leurs derniers jours de vie.

 

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Actualités

Le sommeil des tout-petits

Pourquoi votre bébé ne fait-il pas ses nuits ? Que faire si votre enfant n'arrive pas à s'endormir ou qu'il fait des cauchemars en pleine nuit ?


Le sommeil est important dès les premiers instants de la vie mais il met du temps à se mettre en place.

Quand ils viennent au monde, les nouveaux-nés passent la plus grande partie de leur temps les yeux fermés : 16 heures par jour en moyenne ! C'est le temps dont ils ont besoin pour mémoriser toutes les informations leur permettant une adaptation progressive à leur nouvel environnement. Leur développement affectif et intellectuel est donc intimement lié à la qualité de leur sommeil. Qui plus est l'hormone impliquée dans le contrôle de la taille et du poids est sécrétée à partir de 1 mois, pendant le sommeil.

Beaucoup de parents se demandent pourquoi leur bébé ne fait pas ses nuits ?

Si le nouveau né peut dormir n'importe quand et n'importe où, c'est parce qu'il n'est pas soumis aux mêmes rythmes de sommeil que l'adulte. Alors que nous dormons habituellement lorsque le soleil se couche, lui s'endort aussi bien le jour que la nuit. En fait, le rythme circadien, conditionné par l'alternance du jour et de la nuit, apparaît progressivement, vers 3 ou 4 mois. Il se façonne sous l'effet des variations de la lumière mais aussi de synchroniseurs sociaux : alternance du bruit et du silence, horaires fixés par les parents etc. Et plus l'enfant grandit, plus les cycles de son sommeil deviennent complexes. A la naissance, le sommeil se compose de deux phases de 50 minutes : le sommeil agité et le sommeil calme. Entre 1 et 6 mois, on en compte trois : le sommeil paradoxal (les rêves apparaissent), le sommeil lent, le sommeil lent profond. La durée d'ensommeillement diminue et les phases de réveils sont plus longues, généralement en fin d'après-midi et en début de soirée.

Plus tard, quand l’enfant grandit, le sommeil diminue et commence à se perturber.

Avec le temps, les enfants vont à l'école, ont des activités et font de moins en moins la sieste. Résultat : ils dorment de moins en moins. Entre 6 mois et 3 ans, la durée totale de sommeil, siestes comprises, diminue ainsi de 15 heures à 12 heures par jour. Alors que le besoin de sommeil, lui, ne faiblit pas ! A force, ce manque peut avoir des répercutions sur son quotidien, et par exemple sur sa concentration à l'école. C'est pour cela qu'il faut veiller à ce que l'enfant ne se couche pas trop tard le soir.

Il est important de créer un climat rassurant au moment où l'enfant va s'endormir.

S'il arrive que les enfants rencontrent des difficultés pour s'endormir, il s'agit souvent d'un problème de courte durée. La plupart du temps, un décalage entre le rythme imposé par les parents et les besoins de l'enfant en est la cause. Rien ne sert de dramatiser ! Chaque enfant a déjà son propre rythme, même au sein d'une même fratrie. Plutôt que de coucher l'enfant à une heure fixe, il faut essayer de trouver le moment où l'enfant montre des signes de fatigue (bâillements, paupières lourdes…). Et bien sûr créer un climat rassurant en lui racontant une histoire par exemple. Eventuellement il ne faut pas hésiter à en parler avec lui pour essayer de comprendre pourquoi il n'arrive pas à s'endormir. Cela suffit généralement à évacuer ses petites angoisses.

En ce qui concerne les terreurs nocturnes et cauchemars., il ne faut pas confondre ! Le premier trouble est très impressionnant : l'enfant se réveille terrorisé, en pleine nuit. Il hurle, s'agite dans tous les sens, transpire ! Au bout d'un moment, l'enfant se calme seul et se rendort. Mais à son réveil, il n'en garde aucun souvenir ! La raison ? Les terreurs nocturnes surviennent pendant les phases de sommeil lent profond. Rien ne sert donc de réveiller son enfant car celui-ci est endormi et n'a pas conscience de ce qui lui arrive. En revanche, l'enfant garde un souvenir plus traumatisant de ses cauchemars car ceux-ci se déclenchent en phase de sommeil paradoxal (sommeil plus léger). Lorsque l'enfant est trop angoissé, il parvient difficilement à se ré-endormir car il craint de retomber dans son cauchemar. Bien que les cauchemars soient fréquents, il ne faut pas les négliger et surtout rassurer les enfants.

Il peut arriver que votre enfant fasse des crises de somnambulisme. Ce trouble est observé entre 5 et 10 ans, il est plus spectaculaire, que grave. Le plus souvent, il disparaît d'ailleurs spontanément avec le temps. Il se manifeste par un " réveil " pendant les premières heures de la nuit. L'enfant se lève, peut s'habiller, sortir de sa chambre, marcher et revenir se coucher. Il est inutile de réveiller l'enfant mais il est important d'adopter certaines règles de sécurité : verrouiller les portes d'entrée et les fenêtres, éviter de faire dormir l'enfant sur un lit superposé, ou près d'un escalier, etc...

Souvent, les troubles du sommeil chez l’enfant correspondent à des périodes bien précises du développement et se régulent souvent facilement d’eux-mêmes. Si cela n’est pas le cas pour votre enfant, parlez en à votre pédiatre ou médecin de famille ou même à la PMI.

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