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L'acquisition du schéma corporel chez l'enfant

 

Le schéma corporel n'est pas inné, il se construit au cours du développement.



L'intégration sensori-motrice est progressive.
A la naissance, l'enfant n'est pas conscient du monde qui l'entoure, ni de son corps propre, ni de la séparation entre le deux. Ce sont les réflexes archaïques qui mettent en jeu les sensations tactiles et auditives (à l'origine des réactions de défense) ou orales (succion des objets). Les réactions de préhension ou d’évitement sont dénuées de toute signification pour l'enfant dans un premier temps, mais lui permettent un début d'orientation dans l'espace.
De la naissance à 3 mois, les informations fournies par les différentes modalités sensorielles ne sont pas encore coordonnées. Le schéma corporel est donc limité à certains espaces locaux.
Les formes primitives de schéma corporel peuvent être observées lors de réponses posturales adaptées et d'interactions précoces entre la vision, le toucher…. A cette période, la maturation va s'effectuer au niveau des structures nerveuses qui vont permettre une différenciation progressive des informations proprioceptives et extéroceptives. Vont apparaître alors les premières coordinations sensori-motrices assurant un traitement spatial des informations sensorielles. Le bébé devient progressivement capable de distinguer son corps des objets du milieu environnant. Il devient également capable d'utiliser le schéma corporel comme un système de référence permettant la localisation et la saisie des objets par rapport à la position de son propre corps dans l'espace.
De la naissance à l'oralité la construction du schéma corporel se fait également à travers les zones privilégiées d'investissement libidinal, c’est à dire les zones érogènes.

L'image du corps se constitue par identification au corps de l'autre, ce sont les phénomènes d’identification.
Vers 6 mois commence l'intégration des modalités sensorielles visuelles, tactiles et kinesthésiques. Les objets perçus par la vue vont permettre de reconnaître les différentes parties du corps ; les objets sont portés à la bouche de telle sorte que peu à peu l'enfant en arrive à distinguer ce qui dépend de son propre mouvement et ce qui appartient au monde extérieur. C'est le début de la reconnaissance de l'objet et de son corps propre. Cela va être suivi d'ébauches d'anticipations sur la perception. L'espace objectif, distinct du corps propre, s'élabore. La préhension cesse alors d'être un réflexe automatique et devient soumis au contrôle volontaire ; la motricité est de plus en plus une activité dirigée vers un but et dotée de significations.

Dans cette évolution, le stade du miroir (entre 4 et 6 mois) est un moment important : l'enfant placé devant un miroir, ne se reconnaît pas. L'être en face de lui a sa réalité propre.
Vers l'âge de 6 mois, le bébé devient capable d'effectuer des comparaisons, notamment comparer les stimulations venant du monde extérieur et celles qui proviennent de l'intérieur de son propre corps. Il parvient également à faire la distinction entre des stimulations actuelles et des stimulations antérieures.
Cette aptitude explique le fait qu'il puisse tourner la tête vers sa mère réelle après l'avoir vue dans le miroir, mais il voit encore cette image comme un dédoublement de sa mère. A cette période, lorsque le bébé se voit dans le miroir, il voit un autre bébé qui fait les mêmes gestes que lui et lui ressemble. C'est à partir de cette perception que va commencer à s'élaborer la synthèse de son corps dont il ne perçoit initialement que des morceaux. Il commence donc à percevoir son corps comme un tout, ce qui lui procure un sentiment intense de joie et une fascination pour sa propre image.
Ce processus d'élaboration du Moi va rendre possible une perception plus unifiée de la mère, il va parvenir à faire fusionner sa mère en une seule et même personne. La reconnaissance de sa propre image va être plus tardive. Pour reconnaître l'image de ses parents dans le miroir, l'enfant se réfère à leur perception dans la réalité. En revanche, l'enfant ne se perçoit pas dans le miroir comme il se perçoit directement. Il doit donc comprendre que son corps propre ne se limite pas à ce qu'il ressent mais qu'il est perçu par autrui en totalité.

Entre 6 et 8 mois : il découvre que l'autre dans le miroir n'est qu'une image et non un être réel. C'est un leurre.
L'enfant passe alors du réel à l'imaginaire. La verticalisation confirme cette évolution d'abord par l'acquisition de la station assise (6 mois), puis de la station debout (9 mois), et enfin de la marche (12-16 mois).
L'enfant va donc expérimenter son image à l'aide du miroir pour pouvoir se la représenter. Vers 8 mois, il va la toucher.

Vers 1 an, il va accéder à une réalité plus symbolique, il va commencer à toucher des parties de son corps en se référant à son image dans le miroir, ses gestes restent encore maladroits et imprécis.
Il comprend que l'image du miroir, c'est son propre corps. Il se perçoit comme un tout et aussi comme extériorité. C'est la première fois qu'il voit son corps en entier. Il s'identifie à l'image réfléchie. C'est la mère qui, le regardant dans la glace en lui disant: "c'est toi, là !", lui ouvre la voie de l'identification à l'image. L'enfant perçoit bien l'admiration de l'image de la mère pour son image à lui. Il y perçoit aussi du désir.
Cette image, pour l'enfant, c'est son Moi, car c'est par le regard de l'autre que nous nous formons : nous nous identifions à l'image que l'autre a de nous. L'enfant s'aliène dans cette image aimée par la mère. Il y devient Autre. S'il en restait là, il deviendrait psychotique. Ce qui va mettre un terme à cette relation aliénante, c'est le père (ou le langage, ou la place que le père a dans le discours de la mère... etc.). Le père mettra une distance entre la mère et l'enfant. Le Moi va se former par identifications successives.

Vers 16-18 mois, l'enfant développe son expérimentation par des comparaisons entre son corps réel et l'image. C'est à la fin de cette période, grâce à l'accès au symbolique, que l'enfant accède à son image dans le miroir.

Cette expérience du miroir a de nombreuses conséquences sur le développement de la personnalité de l’enfant. Cela a un rôle structurant : l'enfant accède à une prise de conscience de l'unité individuelle en passant de ce corps morcelé à cette image unifiée.
Cela permet la mise en place du processus affectif d'identification : en s'appropriant sa propre image il met en place un "je spéculaire" (du miroir), c'est-à-dire un "je idéal" qui servira de fondement à toutes les autres identifications.

Les bases du schéma corporelles peuvent être considérées comme constituées avec l'acquisition des déplacements autonomes, elles se complèteront par les expériences avec ce corps mobile au sein d'un milieu environnant.
Par la suite, le schéma corporel s'affine avec l'acquisition du langage. Il atteint un premier niveau symbolique élaboré par l'apparition de la dominance latérale, qui se fixe vers 5-6 ans, à partir duquel se produit, en cas d'amputation, le phénomène du membre fantôme. Cette illusion de normalité corporelle se caractérise par la perception d'un corps globalement normal.

Les fonctions imitatives interviennent aussi dans la constitution du schéma corporel en permettant à l'enfant de mettre en relation son corps avec celui d'autrui.

 

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Les bienfaits de la lecture partagée entre les parents et les enfants.

 

Une étude de Disney Consumer Products sur l’art et la manière de raconter des histoires de nos jours (« story telling ») et sur les préférences des enfants. Cette mission a été confiée à ABC+, leader des études sur les 0-25 ans.


Réalisée sur Internet, l’étude s’appuie sur un échantillon représentatif de 314 foyers français parmi lesquels 104 enfants de 3 à 6 ans. L’étude a été encadrée par des experts (psychosociologues, sémiologues…), garants de la précision des analyses et de la pertinence des recommandations.

La lecture partagée demeure un loisir indémodable. La lecture partagée, véritable parenthèse de détente et de complicité dans un monde de plus en plus stressant, conserve naturellement toute sa place dans l’environnement familial. Les familles sollicitées citent en effet l’instant lecture, en compagnie des parents ou des grands-parents, comme la deuxième activité préférée des enfants (> 50%) arrivant derrière celle de « jouer avec ses jouets » (>80%). Ainsi, malgré les nouvelles alternatives que constituent la TV ou l’ordinateur, la lecture demeure une activité toujours aussi attractive.

La lecture est une activité qui crée du lien. Véritable vecteur d’éducation dans le sens le plus noble du terme, la lecture partagée permet une transmission verticale de génération à génération. Elle donne ainsi l’occasion à l’enfant de se construire autour de thématiques immuables.

La lecture est une activité qui fait l’unanimité… qui entraîne un investissement fort autour de ce moment porteur de sens. Les bénéfices de la lecture ne sont plus à démontrer ainsi qu’en témoignent les convictions de parents unanimement convaincus de son importance. De plus, les ascendants jouant, bien avant l’école, le rôle d’initiateurs à la lecture, cette dernière se révèle être un authentique vecteur de transmission culturelle. La lecture est ainsi valorisée pour son « contenu imaginaire », propre à l’identification et à la projection, et les sondés s’accordent autour de l’importance de son rôle dans le développement de l’enfant. « Une porte ouverte vers le rêve », « Ils s’identifient aux héros et se projettent eux-mêmes au centre de l’histoire » ou « Ça leur ouvre un univers qui devient infini » résument bien la plupart des réactions recueillies.

L’imaginaire, une faculté essentielle au bon développement de l’enfant. Le rôle de l’imaginaire, parfaitement assimilé par les parents est prépondérant dans la construction de l’enfant. Car contrairement à l’image qui fige le contenu, le recours à l’imaginaire invite à créer soi-même ses propres images et exerce de fait une action très stimulante en termes de développement psychologique. Le fait de lire régulièrement des histoires aux enfants leur permet de laisser libre cours à leur imagination, d’inventer ce qui n’existe pas, de créer leur propre réalité. Une réalité, des histoires qu’ils recréeront bien souvent par la suite à travers des peluches, doudou et autres figurines.

Les parents parlent également des bienfaits de la lecture en termes de complicité ou d’apaisement, deux bénéfices qui prennent tout leur sens quand vient l’heure d’aller au lit... La lecture du soir se révèle alors comme un partage affectif, moment de tendresse et d’intimité qui facilite le retour au calme. Mais la promesse d’une nuit tranquille, loin d’être l’unique finalité de cette lecture, ne résiste pas à cette motivation essentielle que constitue le plaisir de se retrouver en famille pour partager un instant privilégié que les parents semblent apprécier tout autant que leurs enfants. Voilà une belle activité pour le rituel du coucher.

La lecture partagée vue par les parents : « C’est une façon d’avoir ses enfants rien que pour soi car quand on leur lit une histoire, on ne s’intéresse qu’à eux, on les chouchoute. » « C’est un moment de communion entre l’enfant et l’adulte qui raconte. » « C’est un moment où nous-mêmes, on se pose. » « C’est plein de tendresse, calé contre maman ou papa. » « C’est un moment de complicité qui détend et rapproche. »

Lorsqu’on interroge les enfants de 3 à 6 ans, ce sont les jouets (30%) qui figurent en tête de liste de leurs activités préférées, suivis de la télévision (26%) et de l’ordinateur (21%). Les enfants sont donc en phase avec leur époque et les codes d’aujourd’hui. La lecture partagée arrive en quatrième position avec 19%. Mais ceci s’explique en raison du fait que si les enfants sont autonomes sur les premières activités, la lecture nécessite la présence d’un parent pour faire vivre ce moment et ces derniers ne sont pas toujours disponibles autant que le souhaiteraient les petits. Or les enfants sont pleinement conscients de cette limite. Notons au passage que les filles sont plus sensibles à la lecture que les garçons puisqu’elles sont 24% à faire part de cette préférence.

La lecture partagée reste très polarisée sur le moment du coucher et les enfants sont 60% à citer le lit, « avant de s’endormir », comme lieu de lecture préféré. Ils semblent avoir parfaitement intégrés le discours parental sur l’apaisement et être en phase, comprenant que cet instant privilégié leur permet de passer des nuits paisibles et reposantes.

Dans une histoire, les notions de rêve et d’affectivité demeurent au coeur de ce qui suscite l’adhésion des enfants. De plus, le « rituel du coucher » étant le moment clé de la lecture partagée, douceur, détente et évasion y sont également associées pour garantir un sommeil optimal. Ainsi, dans cette optique, la préférence, plus qu’aux héros ou à l’apprentissage du quotidien, va aux histoires mettant en scène des animaux (pour les adultes et les garçons) ou des chevaliers et des princesses (cités surtout par les petites filles). Ces préférences littéraires revêtent également d’autres aspects comme la primauté accordée à la féérie et aux « happy end ». Les enfants préfèrent en effet les histoires « qui font rêver »(34%) et qui « se terminent bien » (32%). Notons que la notion de « bande » est elle aussi relevée et que l’association de personnages évoluant solidairement est aussi l’une des clés du succès.

Si le public est unanime à reconnaître les vertus de la lecture partagée, le temps qui lui est alloué demeure plutôt réduit ; la moitié des parents y consacrent en effet un maximum d’une heure par semaine.

La lecture partagée, même si elle n’exclut pas les hommes, reste principalement affaire de femmes. Ainsi, les mères (69%) s’octroient volontiers, et certainement légitimement, la palme de « conteur préféré des enfants », ne laissant que des « miettes » à leurs conjoints. Du côté des enfants, on confirme la donne et 69% d’entre eux (résultat strictement identique à celui de leurs mères) disent en effet préférer la lecture avec maman. Faut-il donc en déduire que les mamans sont « meilleures comédiennes » que les papas ? Parce que l’intonation et la voix sont déterminantes dans le cadre de la lecture partagée. Mais pas de conclusion hâtive, rien n’indique que les mamans soient vraiment meilleures comédiennes que les papas qui sont plutôt mis à l’écart par manque de disponibilité ou par la volonté des mères de défendre leur pré carré en se réservant ce moment privilégié.

Nous sommes en droit de nous demander si le fait que les filles soient plus en phase avec la lecture que les garçons ne relève pas de l’appropriation de cette activité par les mères. En effet, à l’âge des processus d’imitation (entre 2 et 6 ans), les filles adhèreront au modèle proposé par leur mère et, de ce fait, les garçons auront peut-être tendance à percevoir la lecture comme un « truc de filles ». Pour que les garçons reconquièrent le territoire de la lecture, peut-être faudrait-il que les pères soient davantage autorisés à pratiquer la lecture partagée avec leurs enfants et plus particulièrement avec leurs fils.

• 71% des parents soulignent l’importance de la lecture pour le développement de l’imaginaire.
• 63% des enfants de 3 à 6 ans ont cité le lit, avant de s’endormir, comme lieu de lecture préféré.
• 88% des enfants de 3 à 6 ans considèrent mieux dormir quand ils s’endorment après une histoire.
• 97% des enfants de 3 à 6 ans souhaiteraient que leurs parents leur lisent davantage d’histoires.
• 69% des enfants de 3 à 6 ans ont cité leur maman comme « conteur » préféré.
• 64% des enfants de 3 à 6 ans apprécient qu’on change de voix au cours de la lecture selon les personnages de l’histoire.

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