Conseil-Psy: une écoute et un accompagnement permanents

Quel est l’avenir des enfants souffrant de syndrome d’alcoolisation fœtale ?

 

L’alcoolisation de la mère pendant la grossesse a des répercutions sur le développement du fœtus mais aussi sur l’avenir du futur enfant grandissant.



Le retard de croissance du fœtus va persister chez l’enfant une fois né.
Dans les formes sévères, le retard de croissance apparaît comme majeur et cela est désespérant car, même en présence d'une alimentation correcte et de soins adaptés, le retard ne se refait pas. Le volume crânien restera très inférieur à la normale.

Les troubles neuro-comportementaux vont également persister s’ils étaient présents à la naissance voire apparaître plus tardivement. Ce sont ces troubles neurologiques et comportementaux qui vont prédominer à l'adolescence et persister chez l'adulte.

Les troubles des acquisitions sont variables en fonction de l'atteinte cérébrale et des troubles environnementaux.

En ce qui concerne le retard mental, on estime que la moitié des enfants présenteront un QI moyen aux alentours de 65 (20 à 120), la sévérité semble corrélé au retard de croissance et à la dysmorphie.
Très souvent apparaissent des difficultés d'apprentissage scolaire même si l’enfant a un QI normal. Ces difficultés scolaires sont dues à l'hyperkinésie , aux troubles de l’attention avec souvent impulsivité mais aussi aux troubles de la mémoire spatiale et à court terme.
On rencontre aussi des troubles du langage, que ce soit d’expression et/ou de compréhension et d’autres troubles comme le défaut d'inhibition , de raisonnement …

Les troubles du comportement les plus rencontrés sont les suivants :

- diminution des compétences sociales (problème d’adaptation),
- trouble des conduites,
- difficultés de contrôle des émotions,
- chez l'adolescent : tendances à s'engager dans des comportements délinquants, des fugues, risque plus élevé de devenir toxicomane,
- réussite scolaire et professionnelle compromises.

Les enfants les plus touchés vivent en institution : 10 à 14 % se retrouvent en collectivités pour handicapés mentaux.

Le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale est ainsi la 1ère cause de déficience intellectuelle évitable.

Les Troubles secondaires liés aux effets de l'alcool sur le Fœtus sont ces dysfonctionnements qui deviennent manifestes plus tardivement et qui auraient pu bénéficier d'une prise en charge précoce :

- échec scolaire,
- comportement sexuel inapproprié,
- difficultés d’insertion professionnelle,
- problèmes avec la justice,
- poly-toxicomanie dont l'alcoolisme,
- consommation d'alcool pendant la grossesse et plus d'un tiers des femmes donnera naissance à un enfant souffrant du SAF,
- maladie Mentale dans la plupart des cas.

L'identification précoce est une étape importante pour comprendre la cause première des problèmes de comportement et d'apprentissage d'un enfant et prévenir les troubles secondaires.

Les dommages infligés au fœtus par l'alcool, se décèlent pendant les 3 trimestres de la grossesse. Les dommages engendrés le resteront pour toute la vie.

 

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Suicide des jeunes enfants : un rapport alarmant de Boris Cyrulnik

Selon le psychiatre Boris Cyrulnik, les enfants, dont la détresse est souvent difficile à percevoir, sont aussi capables de se donner la mort, même si l'on croit parfois à des accidents.

Comment peut-on parler de suicide pour des enfants âgés de 5 à 12 ans? Cette question relève de l'insoutenable. En effet, si l'on connaissait ce phénomène toujours en progression chez les adolescents, le relier à ce que l'on pensait être jusque-là une mort accidentelle chez les petits, interroge.

Boris Cyrulnik a déposé un rapport (Rapport publié aux éditions Odile Jacob sous le titre «Quand un enfant se donne 'la mort'»), auprès du secrétariat d'État à la Jeunesse. Il y affirme que ce phénomène sous-estimé est en augmentation : officiellement une quarantaine de cas par an, mais il insiste : « si l'on ajoute les accidents non-accidentels qui sont en fait des suicides, on arrive à une centaine chaque année ».

Le professeur Jean-Philippe Raynaud, chef de service en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Toulouse, accompagne la démarche : « Même si le phénomène est rare, je pense que cette initiative présente beaucoup d'avantages. On sait aujourd'hui qu'une brimade, la perte d'un animal de compagnie, celle d'un être cher dans la famille, un conflit entre parents ou une maladie chronique doublée de soins lourds à porter peut déclencher l'irréparable. De fait, notre société encourage la précocité et l'autonomie et demande trop souvent à l'enfant de se débrouiller seul. »

Il faut donc penser Prévention ! Car à l'image du rajeunissement de la puberté, des revendications de précocité qui progressent, de l'émergence d'enfants « adultifiés », la souffrance psychique touche de plus en plus tôt les jeunes. Selon le professeur Raynaud, « tout ce qui va créer un décalage entre la maturité réelle d'un enfant et ses aspirations » est un risque.

Selon l'Inserm, en 2009, 37 suicides d'enfants de moins de 14 ans ont été répertoriés en France métropolitaine (majoritairement par pendaison, strangulation ou asphyxie), 526 chez les 15-24 ans, tranche d'âge où le suicide est la deuxième cause de mortalité. Nul doute que cette question élargie aux plus jeunes sera au cœur du 2e Plan national 2011-2014 consacré au suicide. En Midi-Pyrénées, un programme de prévention est à l'étude par l'Agence régionale de santé.


Selon Boris Cyrulnik, les suicides aboutis sont rares chez les 5-12 ans mais ils sont certainement plus fréquents car les chiffres ne parlent que des suicides évidents. Ce sont les carences sensorielles précoces qui créent la vulnérabilité. Une pichenette peut suffire pour passer à l'acte. Une phrase blessante, une petite frustration, une mauvaise note à l'école ou le déménagement d'un copain peuvent provoquer une déflagration exceptionnelle. L'enfant peut écrire une lettre d'adieu. Le plus souvent, il se penche trop par la fenêtre ou descend d'un autobus en marche. Il ne pense pas qu'il va mourir. Il n'a pas la notion adulte de la mort. Et les adultes n'y voient qu'un accident.

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