Conseil-Psy: une écoute et un accompagnement permanents

Et si on les laissait VIVRE ! Accompagner avec bienveillance les enfants et les adolescents

Et si on les laissait VIVRE ?

Le comportement des enfants est leur langage affectif.

Souvenez-vous du décalage que vous ressentiez entre votre monde et celui des adultes quand vous étiez enfant ou adolescent. Se pourrait-il que les maladresses de nos jeunes ne soient que le reflet de leur décalage par rapport à nous ? Et si leurs comportements dérangeants n’étaient que des appels pour que nous les soutenions d’une manière cohérente et indulgente ? Des cris par lesquels ils nous demandaient de les laisser vivre, tout en étant soutenus dans l’apprentissage de la canalisation de leurs pulsions et leurs désirs ? Et si nous prenions conscience de ce qui les bouscule ? Et si nous revisitions nos stratégies éducatives pour les soutenir avec autant de bienveillance que de cohérence ?

Si les enfants ont besoin de temps et de bonnes conditions pour développer leur intelligence émotionnelle, c’est à travers nos interventions qu’ils construiront leurs repères et détermineront leurs manières d’être et de vivre en famille, au travail ou en société. Après avoir exploré les comportements des enfants et des adolescents en rapport avec le langage affectif, Joël Monzée nous revient avec ce livre pour nous parler d’espoir et pour nous présenter des pistes d’accompagnement auprès des jeunes au sein des familles, des groupes et des classes. Accompagnons-les, mais laissons-les vivre ! À terme, les jeunes comme les moins jeunes seront plus autonomes sur le plan affectif, donc plus disponibles à la vie partagée avec nous, à l’entraide et à la compassion.

Joël Monzée est docteur en neurosciences et psychothérapeute. Directeur-fondateur de l’Institut du développement de l’enfant et de la famille, il est également professeur associé au département de psychiatrie de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke. Il est l’auteur ou le coauteur de nombreux ouvrages, dont Soutenir le développement affectif de l’enfant, J’ai juste besoin d’être compris ! et J’ai juste besoin de votre attention !

Parution le 31 janvier2018

 

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L'importance du jeu dans le développement psychique de l'enfant

 

Dans notre monde d’adultes, le jeu de l'enfant peut être considéré comme une simple occupation ou un simple divertissement.


Cependant, on sait que le jeu est la conduite privilégiée de l'enfant. Il s’agit d’un besoin profond de son être. Par le jeu, l'enfant se construit sur tous les plans : physique, affectif, mental et social.

Le jeu est un facteur de développement essentiel pour l'enfant. En effet, qu’il s’agisse d’une activité purement ludique (bébé qui laisse tomber sa cuillère pour jouir du bruit produit et du retour de la cuillère grâce à son entourage), de jeux symboliques où l'enfant se donne un rôle de personnage (« le papa et la maman », la princesse, la maîtresse d’école…), ou de jeux de règles (jeu de dames, balle au prisonnier, troc d’images...), tous favorisent et correspondent à une phase d’apprentissage de l’enfant. Chaque phase est essentielle à la construction de l’identité. Les jeux et la façon dont l’enfant y joue permettent d’ailleurs d’évaluer le niveau de développement moteur, intellectuel affectif et social de celui-ci.

Le jeu est un mode d’expression universel. Il précède le langage. En effet, avant même de savoir utiliser les mots, l’enfant communique ses sentiments, qu’ils soient positifs ou négatifs. Jeter un objet par terre, sourire à un personnage, déchirer un dessin, provoquer un accident ou une dispute, voilà autant de gestes que l’enfant utilise pour communiquer ce qu’il ressent. Le jeu est en quelque sorte le langage primaire de l’enfant.

Il ne faut pas oublier que le jeu n’a d'autre but que celui de procurer du plaisir à l’enfant. Or, le plaisir est le moteur de tout apprentissage réussi. Toute carence dans ce domaine peut donc avoir des conséquences très néfastes sur le développement de l’enfant. En ce sens, le jeu peut même constituer une forme de psychothérapie. Le jeu est pour l’enfant un moyen efficace et naturel d’évacuer ses angoisses et de surmonter ses peurs.

Le jeu permet à l’enfant de donner un sens à une situation et d’approfondir la compréhension qu’il en a. L’enfant découvre quels sont les objets, les personnes, les événements qui l’entourent et quels rapports ils entretiennent entre eux. A partir de cette connaissance des règles qui régissent son environnement, il apprend à interagir avec les objets et les personnes. Le jeu pose ainsi les bases de la capacité d’adaptation de l’enfant. Cela lui sera utile sa vie durant. Ainsi, par le jeu, l’enfant découvre le monde avec plaisir et développe ses propres stratégies d’action et d’adaptation.

Dans son jeu, l’enfant crée sa propre réalité, il la transforme et l’adapte à ses désirs. N’ayant pas de procédure propre ni de règles à suivre, il est le seul maître à bord. Il peut donner vie à tous les objets, se créer un ami imaginaire, faire bouger l’inanimé, faire pleurer les végétaux, faire parler les animaux, passer sans transition de l’époque de l’homme des cavernes à l’ère spatiale. L’enfant apprend ainsi lui-même à maîtriser les problèmes dès qu’ils arrivent. Il comprend ainsi qu’il peut maîtriser la réalité et influer sur son environnement.

A partir de l’âge de 7 ans, apparaissent les jeux de règles qui permettent à l'enfant d’établir le contact avec les autres. Il s'habitue ainsi à envisager le point de vue d'autrui et fait l'apprentissage de la vie sociale. C’est l’étape de socialisation. Lors de ces jeux, le joueur doit prévoir ce que vont faire ses coéquipiers et s'ajuster constamment à la situation. C’est ainsi que l’enfant apprend à prendre ses propres décisions, de façon autonome.

Cependant, attention aux activités demandant un apprentissage trop précoce pour l’enfant. Cela pourrait provoquer chez lui une réaction de saturation ou de désintérêt. Les spécialistes sont de plus en plus souvent confrontés à des parents trop soucieux de réussir leur métier de parents et qui soumettent l’enfant, trop tôt, à un surplus d’activités ou à des activités non appropriées à son âge. Cela entraîne souvent l’effet inverse de celui escompté par les parents.

Il est primordial de laisser l’enfant être un enfant…

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