Conseil-Psy: une écoute et un accompagnement permanents

Les conduites excrémentielles

Ce sont tous les comportements qui ont trait à la fonction d'élimination et à la maîtrise corporelle. Elles sont à l'origine des conduites psychologiques visant la maîtrise affective, intellectuelle ou émotionnelle.

Au stade anal, l'échange se fait sur un mode d'opposition ou d'acceptation. Il y a eu un conditionnement des comportements "donner" et "perdre", "être passif" ou "être actif", traduisant une ambivalence des sentiments.
Survient l'autonomie affective et sociale : l'enfant sort du stade anal grâce aux substituts que sont les jouets et le langage. La fonction du boudin fécal se déplacera sur d'autres Objets. Chez l'adulte, l'argent sera le principal substitut du boudin fécal.
C'est une fonction de revalorisation.

L'argent : comme le boudin fécal, il sert à l'échange. C'est aussi le fruit du travail. Plus on s'est détaché du stade anal, plus on parvient à accéder au symbolique de l'argent. Une bonne résolution du stade anal est dans l'acquisition du don et de la dette.

L'ordre et la maîtrise : il y a eu déplacement du plaisir de contrôle sphinctérien dans le rapport hiérarchique, ou d'autorité, ou encore dans l'anarchie, le désordre. Quelqu'un de scrupuleux, consciencieux, est quelqu'un qui maîtrise. De là viennent aussi l'entêtement, la bouderie, l'obstination, le caprice... etc.

L'agressivité : les deux comportements extrêmes de l'agressivité sont le sadisme et le masochisme, secondairement liés à la sexualité. Quand il n'y a pas érotisation, on peut parler de pulsion d'emprise vis à vis de l'autre ou de soi-même, sublimation de la pulsion agressive.

 

 

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Suicide des jeunes enfants : un rapport alarmant de Boris Cyrulnik

Selon le psychiatre Boris Cyrulnik, les enfants, dont la détresse est souvent difficile à percevoir, sont aussi capables de se donner la mort, même si l'on croit parfois à des accidents.

Comment peut-on parler de suicide pour des enfants âgés de 5 à 12 ans? Cette question relève de l'insoutenable. En effet, si l'on connaissait ce phénomène toujours en progression chez les adolescents, le relier à ce que l'on pensait être jusque-là une mort accidentelle chez les petits, interroge.

Boris Cyrulnik a déposé un rapport (Rapport publié aux éditions Odile Jacob sous le titre «Quand un enfant se donne 'la mort'»), auprès du secrétariat d'État à la Jeunesse. Il y affirme que ce phénomène sous-estimé est en augmentation : officiellement une quarantaine de cas par an, mais il insiste : « si l'on ajoute les accidents non-accidentels qui sont en fait des suicides, on arrive à une centaine chaque année ».

Le professeur Jean-Philippe Raynaud, chef de service en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Toulouse, accompagne la démarche : « Même si le phénomène est rare, je pense que cette initiative présente beaucoup d'avantages. On sait aujourd'hui qu'une brimade, la perte d'un animal de compagnie, celle d'un être cher dans la famille, un conflit entre parents ou une maladie chronique doublée de soins lourds à porter peut déclencher l'irréparable. De fait, notre société encourage la précocité et l'autonomie et demande trop souvent à l'enfant de se débrouiller seul. »

Il faut donc penser Prévention ! Car à l'image du rajeunissement de la puberté, des revendications de précocité qui progressent, de l'émergence d'enfants « adultifiés », la souffrance psychique touche de plus en plus tôt les jeunes. Selon le professeur Raynaud, « tout ce qui va créer un décalage entre la maturité réelle d'un enfant et ses aspirations » est un risque.

Selon l'Inserm, en 2009, 37 suicides d'enfants de moins de 14 ans ont été répertoriés en France métropolitaine (majoritairement par pendaison, strangulation ou asphyxie), 526 chez les 15-24 ans, tranche d'âge où le suicide est la deuxième cause de mortalité. Nul doute que cette question élargie aux plus jeunes sera au cœur du 2e Plan national 2011-2014 consacré au suicide. En Midi-Pyrénées, un programme de prévention est à l'étude par l'Agence régionale de santé.


Selon Boris Cyrulnik, les suicides aboutis sont rares chez les 5-12 ans mais ils sont certainement plus fréquents car les chiffres ne parlent que des suicides évidents. Ce sont les carences sensorielles précoces qui créent la vulnérabilité. Une pichenette peut suffire pour passer à l'acte. Une phrase blessante, une petite frustration, une mauvaise note à l'école ou le déménagement d'un copain peuvent provoquer une déflagration exceptionnelle. L'enfant peut écrire une lettre d'adieu. Le plus souvent, il se penche trop par la fenêtre ou descend d'un autobus en marche. Il ne pense pas qu'il va mourir. Il n'a pas la notion adulte de la mort. Et les adultes n'y voient qu'un accident.

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