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L’anorexie mentale et la prise en charge de la fratrie ou l’inclusion des enfants handicapés en milieu scolaire

L’anorexie mentale et la prise en charge de la fratrie ou l’inclusion des enfants handicapés en milieu scolaire :
deux projets soutenus par la Fondation Pfizer

Depuis 2004, la Fondation Pfizer soutient, à travers des appels à projets annuels, des projets de recherche autour du bien-être et du devenir global d’enfants et d’adolescents adoptant des conduites à risques ou atteints de maladies graves ou chroniques. « En intégrant des thématiques sociétales dans ses appels à projets, la Fondation Pfizer ouvre à des équipes scientifiques de nouvelles perspectives de recherches et de publications. Les chercheurs peuvent ainsi s’intéresser à des sujets encore peu explorés qui peinent souvent à trouver des financements, car tabous ou s’intéressant à une prise en charge globale de l’adolescent et de son entourage. Des éléments souvent essentiels car ils peuvent influencer le soin » explique Philippe Jeammet, Président de la Fondation Pfizer, professeur émérite de psychiatrie, spécialiste de l’enfant et de l’adolescent.

En 8 ans, plus de soixante projets de recherche autour, par exemple, de l’anorexie ou de l’intégration du handicap en milieu scolaire, ont pu bénéficier du financement de la Fondation et permettre, parfois, de mettre en place des actions concrètes. Ainsi, le CHU de Rouen a modifié sa prise en charge de la famille touchée par l’anorexie mentale ; l’Académie de Toulouse organise, entre autres, des journées handicap dans 8 collèges de la région Midi-Pyrénées pour sensibiliser les élèves et les adultes à la différence.

Ces deux études sont présentées, au symposium de la Fondation Pfizer, le 24 juillet après-midi, par Priscille Gérardin, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, CHU Rouen-CH Rouvray, et Emmanuelle Godeau, médecin de santé publique au rectorat de Toulouse et chercheur dans l’UMR 1027 Inserm/Toulouse III à l’occasion du 20ème congrès mondial de l’IACAPAP - Association internationale de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et des professions associées. 

Anorexie mentale : quelle prise en charge de la fratrie ?

Les maladies telles que les troubles du comportement alimentaire impactent énormément la famille, la désorganisent complètement et mettent à mal les fratries. « L’anorexie mentale est une pathologie psychiatrique complexe, d'origine multifactorielle, avec un fort retentissement sur les relations familiales. Un des aspects est la difficulté pour la jeune fille malade à entrer dans l’adolescence. Elle n’accepte par les transformations corporelles liées à cette période et est freinée dans le processus d'autonomisation. Notre étude s’est intéressée aux répercussions que l’anorexie mentale pouvait avoir sur les frères et sœurs ainsi que sur leur processus d’adolescence » indique Priscille Gérardin, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, CHU Rouen-CH Rouvray, et auteur de cette étude.

A l’heure actuelle, face à de nombreuses maladies, la fratrie reste le parent pauvre de la prise en charge. Le malade et les parents sont en première ligne dans le soutien mais pas les frères et sœurs. « Dans l’anorexie mentale, ils sont les premiers à percevoir les symptômes, à vivre une certaine culpabilité, à en être affectés à différents niveaux. Pour autant, ils ne sont pas soutenus dans ce qu’ils peuvent vivre et on se prive de ce qu’ils peuvent apporter potentiellement à la personne malade » assure le Professeur Gérardin.

Durant 18 mois, Priscille Gérardin - en partenariat avec Régine Scelles, professeur de psychopathologie clinique – a donc mené un projet d’étude sur les répercussions de l’anorexie sur la fratrie grâce au soutien de la Fondation Pfizer. Ce travail a conduit à une modification de la prise en charge au CHU de Rouen. « Nous recevons systématiquement les frères et sœurs avec les parents et le malade pour leur expliquer la maladie, leur dire que personne n’est responsable de cette pathologie. On dévoile à la fratrie comment l’hospitalisation va se dérouler - si on doit y recourir -, ce qui peut être résolu, ce qui va rester difficile… On leur fait aussi visiter l’unité d’hospitalisation où se trouvera leur sœur ou leur frère pour qu’ils se rendent compte que c’est une unité de soins d’ados où il y a des codes, et où il y a aussi des éléments de la vie quotidienne. Nous mettons également à disposition de la fratrie des entretiens individuels avec un psychologue pour les soutenir dans les moments difficiles de la maladie et leur permettre de garder une relation à juste distance avec la patiente ».

Ce changement de prise en charge a été possible grâce au soutien financier de la Fondation Pfizer. « Dans la recherche médicale actuelle, il est très difficile de mener une étude ayant une dimension de sciences humaines ; elle est pourtant fondamentale dans les soins et dans la santé, en général, et dans la santé mentale » tient à souligner Priscille Gérardin.

Pour plus d’information sur l’anorexie mentale, consultez le site www.afdas-tca.fr


Handicap en milieu scolaire, le mieux Vivre Ensemble

« Mener un projet d’épidémiologie d’intervention pluridisciplinaire comme nous souhaitions le faire avec notre équipe à l’Inserm coûte très cher et demande beaucoup de temps. Sans le soutien de la Fondation Pfizer, nous n’aurions jamais pu réaliser notre étude sur la qualité de l’inclusion des enfants handicapés en milieu scolaire (projet CREATIVE) avec une méthodologie aussi rigoureuse et contraignante que la nôtre » relate Emmanuelle Godeau, médecin de santé publique au rectorat de Toulouse et chercheur dans l’UMR 1027 Inserm/Toulouse III.

Durant l’année scolaire 2006-2007, sociologues, anthropologues et psychosociologues ont effectué différentes mesures, entretiens et observations auprès des élèves de 12 collèges de Haute Garonne, dont 6 dotés d’une Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire (ULIS)[1] accueillant majoritairement des enfants souffrant d’un handicap cognitif et psychique. Les élèves de classes de 6ème et de 5ème ainsi que leurs enseignants ont été sensibilisés au handicap via différents supports d’information. « Nous avons constaté que le principal frein à l’intégration des enfants handicapés au collège était le manque de connaissances, d’information, de communication. Les autres élèves ne savent pas qui sont les élèves des ULIS ; du coup, ils en ont peur et ont du mal à établir des liens amicaux avec eux. Quant aux enseignants, ils reconnaissent avoir du mal à intégrer ces élèves faute de temps, faute d’échanges avec les enseignants spécialisés qui suivent ces jeunes handicapés. L’administration elle aussi manque souvent de temps pour communiquer autour du handicap, de la différence, des ULIS » affirme le Docteur Emmanuelle Godeau. Malgré la mise en place d’initiations ponctuelles des élèves au handicap dans le cadre du projet CREATIVE soutenu par la Fondation Pfizer, les scientifiques de l’Inserm notent peu d’attitudes positives des adolescents bien portants envers ceux souffrant de handicap.

Face à ce constat, leschercheurs préconisent une sensibilisation plus poussée des enfants au handicap dès le plus jeune âge pour favoriser l’inclusion des élèves handicapés. « Les adultes doivent également être partie prenante de la dynamique autour de la différence, être ouverts à l’accueil de ces enfants handicapés dans leur classe et les faire participer davantage avec les autres élèves » assure le Docteur Godeau. « Communiquer autour du Vivre Ensemble tout en menant des projets concrets dans les établissements scolaires changera la vie des élèves en situation de handicap qui y sont scolarisés » affirme l’anthropologue et médecin Emmanuelle Godeau.

 

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Allergies alimentaires et diversification trop précoce

 


Beaucoup de parents ont hâte de constater les progrès de leur enfant et de voir leur petit gagner en autonomie... Chaque petit geste appris est une fierté pour le parent qui se dit que son enfant évolue bien, comme tous les autres.
En matière d'apprentissage vers la vie d'adulte, l'alimentation, et surtout la diversification alimentaire, est le sujet qui fait le plus débat depuis une trentaine d'années.
Quand doit-on commencer à introduire des aliments en dehors du lait ? Comment ? Lesquels ? Tous les parents se posent ces questions, souvent génératrices d'angoisses, et se retrouvent confrontés aux multitudes de théories qui ont vu le jour depuis les années 60.
Avant de discuter des effets pervers de la diversification précoce, le meilleur conseil que nous puissions vous donner c'est de :
Lire le tableau récapitulatif du carnet de santé de votre enfant, ainsi que ses légendes.Il résume parfaitement les besoins alimentaires de votre enfant en correspondance avec son age.

Si malgré ces recommandations vous vous décidez à introduire des aliments avant que ce ne soit nécessaire, sachez que vous faites encourir sciemment certains risques à votre bébé. Alors avant de franchir le pas, consultez votre pédiatre ou demandez conseil à la PMI.

Aujourd’hui, la France reste, d’après le Pr Voyer, « le pays d’Europe où la diversification de l’alimentation est la plus précoce »
Pourtant, à ce jour, aucune étude n'a révélé qu'une diversification alimentaire précoce développerait mieux l'intelligence de l'enfant... Ni même que nos voisins européens seraient plus déficients que nous...
NE PAS CONFONDRE, DONC : précocité alimentaire et précocité intellectuelle...
Depuis un arrêté du 17 avril 1998, les aliments pour bébés doivent obligatoirement porter la mention « à partir de 4 mois ».
Espérons qu'un jour elles porteront la mention « à partir de 6 mois » qui est l'âge "recommandé" (et non "possible") par le carnet de santé.

Les partisans de la diversification précoce avancent généralement deux arguments en sa faveur : la formation du goût et la croissance harmonieuse de l’enfant.
Malheureusement pour ces deux points, toutes les études récemment menées indiquent entièrement le contraire.

Pour le premier point, les bébés allaités bénéficient dès le début d’une diversité de goûts, puisque le lait change de goût selon ce que mange la mère dans les heures précédant la tétée. Pour eux, la formation du goût est donc bien assurée !
Quant aux bébés au biberon, s'ils ont "plat unique" chaque jour, aucune étude n'a révélé de retard de croissance pour début de diversification plus tardive.
Attention donc à ne pas assimiler développement gustatif et croissance / autonomie de l'enfant .

Pour le deuxième point, sachez qu'un enfant diversifié trop tôt encourt les risques suivants :

  • étude UNICEF : excès de risque significatif de gastro-entérite (rappelons que la diarrhée est un vrai problème de la petite enfance mondiale), le système digestif n'étant pas pret pour d'autres aliments.ce n’est que vers l’âge de 6 mois que le nourrisson est capable d’entraîner les aliments vers l’arrière pour les avaler et il faudra attendre 9 mois pour voir apparaître les premiers mouvements masticatoires réflexes.
  • étude ANAES : risque de pneumonie / otites supérieur à la normale
  • risque d'Obésité précoce : à l'heure où l'on fait la chasse aux sorcières de l'obésité, il serait bon de faire un point sur l'appétit du nourrisson. Un nourrisson sait naturellement ce dont il a besoin et en quelle quantité. Il est naturellement capable en grandissant, même sans y être inciter, et ne serait-ce que par curiosité, de progressivement avoir envie de gouter certains aliments. Les mères ont tendance à choisir ou à préparer des aliments au goût sucré pour débuter la diversification de leur enfant (cette habitude est préjudiciable tant pour son caractère cariogène que pour l’appétence particulière pour le sucre à laquelle elle conduit). S'il existe un terrain familial (direct ou non), il est fortement recommandé d'en discuter avec votre pédiatre
  • risque d'Allergies (alimentaires ou non): Plusieurs travaux prospectifs démontrent que l’introduction d’aliments autres que le lait avant l’âge de 6 mois augmente significativement le risque de survenue de manifestations allergiques, notamment eczéma et allergie alimentaire.

Lorsqu'un terrain familial allergique existe (ascendance directe ou non), il est recommandé de repousser la diversification au début du sixième mois car ces enfants sont considérés comme une "population à risque". Il vous sera peut être même conseillé par votre médecin d'attendre 9 mois avant l’introduction d'aliments très antigéniques (œufs, poissons, arachide, soja, blé, oranges). Par ailleurs, l’introduction des amidons (farines, féculents…) et celle des graisses saturées (graisses lactées naturelles, viandes…) doit être évitée avant l’âge de la maturation des sécrétions amylasiques et lipasiques pancréatiques qui se situe vers 6 mois. C'est à dire qu'avant, votre enfant n'est pas capable de digérer ces farines correctement, et que votre enfant peut développer une intolérance, voire une allergie.

Une allergie (alimentaire ou non) peut être vécue comme un véritable fardeau. Bien sûr nous ne sommes pas tous égaux face aux allergies. Certains enfants seront résistants à une exposition précoce aux allergènes, d'autres y seront sensibles... Mais qu'est ce qu'attendre 2 mois, contre une allergie au gluten... qui vous empèche de partager le gateau d'anniversaire que vos copains rapportent en classe...contre un eczéma atopique, qui vous empèche de vous exposer au soleil chaque année...

Si vous avez toujours l'impression que ces recommandations sont issues de fantaisies collectives, consultez les sites suivants
Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports avec son site Manger-Bouger.fr
Allaiter Aujourd'hui n° 62, LLL France 2005 (documentation la leche league)
Centre de Documentation OMS sur l'alimentation Infantile
Centre de Documentation UNICEF sur la Nutrition
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