Conseil-Psy: une écoute et un accompagnement permanents

Hyperactivité : le sommeil en cause ?

Le déficit d’attention et l’hyperactivité forment un duo dont les conséquences, en l’absence de prise en charge adaptée, peuvent être néfastes. Une série d’études montre de nombreuses associations entre ce syndrome et les troubles du sommeil, ouvrant de nouvelles pistes de traitement.

Il bouge, il s’agite, il parle tout le temps, c’est une « tornade »… mais avant tout, le gros problème de l’enfant ou de l’adulte « hyperactif », c’est qu’il n’arrive pas à se concentrer. Résultat : il est gêné dans les apprentissages, dérange ses proches, et ses difficultés affectent tous les domaines de sa vie quotidienne. Le trouble déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est un trouble de la vigilance. Le cerveau n’est pas assez « éveillé » et le patient se comporte comme s’il devait lutter contre la fatigue, d’où l’agitation et le manque de concentration.

Près de 200 000 enfants pourraient être concernés, de façon plus ou moins importante. Le TDAH est un problème de santé publique, car il entraîne dans de nombreux cas un échec scolaire, mais aussi des difficultés psychosociales, affectives et professionnelles – chez les enfants, puis à l’âge adulte. Il s’agit en effet d’un trouble développemental, évoluant tout au long de la vie. Il serait dû à un mauvais fonctionnement de la circulation de l’information dans le cerveau, via les neurotransmetteurs, notamment au niveau des systèmes dopaminergiques et noradrénergiques.

L’hyperactivité est souvent associée à des troubles du sommeil, un lien encore souvent méconnu par les médecins. Chez l’enfant, ce peuvent être des difficultés d’endormissement, ou du maintien du sommeil nocturne. On peut aussi observer, chez l’enfant comme chez l’adulte, un « syndrome des jambes sans repos ». Un besoin irrépressible de bouger les jambes empêche le patient de s’endormir, et s’il y arrive, ses jambes échappent à son contrôle et bougent sans arrêt : on parle alors de « syndrome de mouvements périodiques des membres inférieurs ».
A l’Hôpital Robert Debré (AP-HP), le Dr Eric Konofal étudie depuis 10 ans les liens entre les troubles du sommeil et le TDAH. Ses recherches ont montré une augmentation de 30% de la motricité au cours du sommeil chez les enfants présentant un TDAH. Ces derniers ont également tendance à somnoler durant le jour – tout en s’agitant pour se maintenir éveillés – ce qui aggrave leur trouble.

Les études sur le sujet ont montré qu’une baisse des réserves de fer dans l’organisme pouvait être lié au déficit d’attention avec hyperactivité, tout comme aux troubles du sommeil, car le fer est impliqué dans le bon fonctionnement du système dopaminergique. Le Dr Konofal a ainsi retrouvé un manque de fer chez 84% des enfants « hyperactifs » participant à son étude.
Suite à ces résultats, un traitement de sulfate de fer pendant 3 mois a amélioré significativement leurs symptômes. D’autres recherches sont menées pour savoir si un apport de fer pourrait diminuer les troubles du sommeil.

Pour en savoir plus : http://www.thada-france.org/

(Flavie Chatel-Baudrier AP-HP)

 

 

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Un enfant peut-il grandir sans père ?

 

Le couple parental traditionnel avec ses rôles partagés entre une mère au foyer et un père à l’activité professionnelle extérieure, a beaucoup évolué depuis plusieurs dizaines d’années. Actuellement, la majorité des mères ont une activité professionnelle. On note également de plus en plus de familles monoparentales.


Les nouveaux types de famille ont-ils des conséquences sur le développement de l’enfant?

Grandir sans père au quotidien, est-ce un risque pour les enfants des familles monoparentales ?

Comment l’identité masculine se forge-t-elle dans ces familles qui sont surtout structurées autour de la mère avec des relations distendues avec les pères ?

En fait, un père, à quoi ça sert ?

Selon les psychanalystes, avoir un père, c’est, dans le premier âge, avoir d’abord quelqu’un qui va faire fonction de tiers dans la relation entre la mère et l’enfant. La présence du père oblige l’enfant à admettre que sa mère n’est pas « toute » à lui. Il favorise ainsi l’acquisition de l’autonomie et de l’indépendance et permet à l’enfant de s’ouvrir au monde qui l’entoure. De plus, la présence active des pères auprès des tout-petits exerce une action dynamisante sur leur développement.

En grandissant, l’enfant attribue au père les prohibitions, les interdits, les obligations et les ordres. Dans les cultures traditionnelles, la fonction paternelle était principalement centrée sur la limitation des désirs de l’enfant et, en lui transmettant des règles et des valeurs, à acquérir force de caractère, pouvoir de contrôle, sens moral et désir d’affirmation positive de soi. Il reste aujourd’hui une image encore très présente de cette fonction paternelle traditionnelle.

Comment cela se passe quand « papa » est absent…

Certes, l’absence du père peut entraîner un sentiment d’insécurité. Pour autant, cette absence n’entrave pas le cadre du développement psychique de l’enfant. Celui-ci évolue au sein d’une constellation de références dont les principaux acteurs sont son père et sa mère. Si l’un des deux vient à disparaître ou à s’éloigner, l’enfant peut continuer néanmoins à se développer en « adoptant» dans son entourage de nouvelles « références adultes » ou « tuteurs d’attachement » qui sauront remplir le vide affectif laissé. Dans le cas de l’absence du père, il peut tout aussi bien s’agir d’un autre parent masculin, d’un professeur ou d’un éducateur… toute personne auprès de qui l’enfant saura retrouver ce sentiment de sécurité.

Ainsi les enfants font un travail psychique d’intériorisation des images parentales qu’ils vont puiser, en premier lieu, chez leurs parents mais aussi chez les adultes qui s’occupent d’eux au quotidien et qui leur proposent des images d’identification solides, fiables et sources de sécurité.

On peut penser que l’enfant a besoin d’une fonction parentale adéquate plutôt que d’un père ou d’une mère à tout prix. On entend souvent dire que « rien ne remplace une mère ou un père », on devrait plutôt dire que rien ne remplace une fonction maternelle/paternelle adéquate.

Reste néanmoins, le réel besoin pour tout enfant de connaître ses deux géniteurs afin de situer ses racines et origines, même s’il ne peut, au quotidien, vivre avec.

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