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Mort subite du nourrisson: encore trop de décès pourtant évitables

 

Si le nombre de morts subites du nourrisson a fortement reculé ces dernières années, un nombre important de décès pourraient encore être évités, selon une enquête menée par l'Institut de veille sanitaire (InVS). Il observe qu'un tiers des décès d'enfants de moins de deux ans sont expliqués après une autopsie, examen pratiqué dans 72% des cas seulement.

L'étude a été menée entre octobre 2007 et septembre 2009 dans 17 départements volontaires représentant 38,5% des naissances en France pendant cette période. Au total, 281 morts inattendues du nourrisson (MIN) sont survenues et parmi elles, 256 ont été incluses dans l'enquête: 220 chez des petits de moins d'un an, dont 65% chez des garçons, et 36 chez des enfants d'un à deux ans.

Cinquante pour cent de ces décès sont survenus autour de trois mois, au domicile des parents dans 72% des cas. Leur cause a pu être identifiée dans 33% des cas. Il s'agissait à 42% de décès liés à une infection, à 24% d'un accident de couchage, à 15% d'une inhalation massive de lait, à 13% de maladies métaboliques et à 8% de diarrhée et/ou de déshydratation, observe le rapporteur de l'étude, le Dr Juliette Bloch. Et un décès était lié à une maltraitance.

Les autres décès étaient inexpliqués, mais "45% des enfants présentaient des facteurs de risques de mort subite du nourrisson", c'est-à-dire des "facteurs liés au couchage", a expliqué la pédiatre devant la presse à Paris. Et de citer une literie inadaptée (24% des cas), la présence d'une couette, d'un oreiller ou d'un objet de type doudou près du visage de l'enfant (57%) ou un couchage ventral (33%). Dans 13% des cas, le bébé avait été victime d'un tabagisme passif.

Si dans l'hypothèse d'un retournement de l'enfant (12% des cas), elle a reconnu que les parents ne pouvaient rien faire, le Dr Bloch a observé que les autres décès étaient "totalement évitables", avec de simples mesures: le couchage sur le dos, sans oreiller et sans couette, sans objet près du visage, dans une pièce tempérée et dans son propre lit, "pour tous les sommeils et jusqu'à l'âge de six mois". Au-delà, "c'est plus sûr". Elle a ajouté qu'il était "conseillé de faire dormir l'enfant dans la chambre de ses parents les six premiers mois". Il "a été démontré que c'est un facteur protecteur dans la mort subite du nourrisson".

Grâce à ces mesures de prévention, le nombre de morts subites du nourrisson a fortement reculé depuis une vingtaine d'années, passant de 1.464 en 1991 à 244 en 2008.

Le Dr Bloch a également insisté sur la nécessité de mener des investigations post-mortem, notamment des autopsies, pour tenter d'apporter des réponses aux parents. "Comprendre, c'est très important pour les parents en premier, parce que ça permet de déculpabiliser et aussi parfois de prévenir un décès ultérieur chez un enfant qui va naître", a-t-elle confié.

Elle a regretté qu'un fond d'oeil n'ait été réalisé que dans 6,5% des cas alors que cet examen est crucial pour diagnostiquer un syndrome du bébé secoué. Une autopsie a été pratiquée chez 72% des enfants, mais son utilisation variait de 33 à 100% selon les départements. Le refus des parents était le principal motif de non-réalisation d'une autopsie. La pédiatre a plaidé pour que sa pratique soit favorisée et pour qu'une imagerie complète soit obligatoire en cas de refus de la famille. Outre l'autopsie, des prélèvements (sanguins, urinaires, bactériologiques) peuvent être effectués, de même que des radios et des scanners.

AP

 

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Qu'est ce que La Mort Subite du Nourrisson ?

 

Ce syndrome est défini comme le décès soudain d'un bébé. Ce décès est inattendu de part l’histoire de l’enfant, et reste inexpliqué malgré les examens réalisés après la mort.


La mort subite du nourrisson concerne 330 à 350 bébés par an, soit une naissance sur 2000. La M.S.N est, dans les pays développés, la circonstance la plus fréquente de la mort du nourrisson dans la période post-néonatale : c’est à dire de la fin du premier mois à la fin de la première année.

A l'âge de prédilection de ce drame, il se produit une multitude de changements pour l’enfant concernant notamment les rythmes de veille et de sommeil, l'alimentation, les relations psycho-affectives avec l'environnement, les mécanismes de défense contre l'infection, les influences respectives des systèmes sympathique et parasympathique...

Notons certains facteurs de risque :

- Facteurs propres à l'enfant :

Tout d’abord l'âge du décès puisque ce syndrome survient avec un maximum très net de fréquence entre 2 et 4 mois. Le garçon est plus touché que la fille. Le risque de M.S.N serait plus élevé lorsque le poids de naissance est plus faible et de ce fait est augmenté en cas de prématurité, de grossesses multiples, d'antécédents d'hospitalisation en unité de soins intensifs en période néonatale. Le risque est également plus élevé en cas de dysplasie broncho-pulmonaire.

- Facteurs familiaux :

Il existe un risque de répétition au sein d'une même famille. Ce risque est multiplié par 2 à 4 chez les jumeaux d'enfants morts subitement, et serait particulièrement élevé chez ceux dont le poids de naissance était inférieur à 2 kg.

- Facteurs socio-économiques :

La M.S.N serait plus fréquente parmi les classes sociales défavorisées, surtout lorsque la mère est jeune, célibataire, avec une fécondité élevée. Les enfants nés de mères héroïnomanes auraient également un risque plus élevé. Il faut savoir que ces résultats d'études restent parfois controversés.

- Circonstances favorisantes :

Les circonstances du décès liées à la M.S.N sont habituellement stéréotypées. Un nourrisson en parfaite santé, couché normalement quelques heures plut tôt, est retrouvé mort dans son berceau. Le plus souvent, il est en décubitus ventral, la face appuyée sur l'oreiller, lequel est taché d'un peu de mousse plus ou moins rosée, voire d'un peu de liquide gastrique. La mort est toujours silencieuse : elle n'est précédée d'aucun cri, d'aucun pleur. Ce syndrome serait plus fréquemment rencontré en hiver et au printemps. Il est parfois retrouvé dans les jours précédents, la notion de privation de sommeil, de modification des rythmes de vie habituels, d'infection des voies respiratoires supérieures ou de la prise d'une médication sédative (contre-indication des PHENOTHIAZINES chez le nourrisson).

Que faut-il faire en cas de Mort Subite du Nourrisson ?

Il est impératif d’appeler un médecin. Malheureusement, celui-ci, appelé par la famille n'arrive que lorsque le drame est joué et ne peut que constater le décès ou accomplir des gestes souvent illusoires de réanimation.

La prise en charge de la famille est alors capitale afin de la déculpabiliser. La M.S.N constitue pour les parents un traumatisme psychique majeur. Ceux-ci vont devoir se débattre non seulement avec l’ ignorance des risques favorisant ce syndrome, leur chagrin, un réel sentiment de culpabilité et souvent l’absence d’explications.

L'examen du corps du bébé en présence des parents a pour but de rechercher un certain nombre de symptômes. Cela est nécessaire pour déterminer l'heure du décès (rigidité, taches de lividité). La seconde indication est d’orienter le médecin sur une cause éventuelle (éruption, purpura, signes de déshydratation, température rectale, traces de sévices). Il est nécessaire d’être minutieux car certains signes ne peuvent être retrouvés qu'à ce moment là et risquent d'être oubliés secondairement (heure du dernier biberon, circonstances de découverte, pathologie des jours précédents, médication, position du corps au moment où il a été trouvé mort, gestes de réanimation déjà pratiqués).

Si la mort ne semble pas suspecte, le médecin doit impérativement proposer une autopsie médicale et s'efforcer d'en obtenir la réalisation. Il faut savoir que depuis 1987, il a été confié aux C.H.R toute la gestion concernant le problème de la M.S.N et notamment le transport du corps et les autopsies, sans participation financière des familles.

Il semble primordial que cette autopsie soit pratiquée pour que les parents ne restent pas dans le flou de ce décès soudain. Il s’agit de laisser le moins de questions possibles sans réponse. Cependant, on note que l’autopsie est trop rarement pratiquée.

Pourtant, celle-ci permet de confirmer soit la découverte d'une cause évidente qui explique le décès soit de statuer qu’il n’y a vraiment aucune explication et que l’on se trouve donc en face d’un syndrome de Mort Subite du Nourrisson.

Il est réellement primordial que les parents puissent faire leur travail de deuil. N’oublions pas la fratrie qui subit aussi de façon violente et traumatisante cette perte brutale. Il semble nécessaire que toutes les équipes qui prennent en charge ce syndrome, soient formées à l’écoute, au soutien pour entourer la famille lors de ce drame.

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