Conseil-Psy: une écoute et un accompagnement permanents

Parler de la mort avec son enfant.... grâce aux livres

 



Parfois, face à un sujet grave et difficile à aborder, les livres peuvent être une ressource pour communiquer. Ce sont alors des médiateurs pour trouver les mots justes et entamer un dialogue nécessaire.



On constate d’ailleurs que les enfants éprouvent un plaisir manifeste à la lecture des livres traitant de la mort, pour peu qu’on leur en offre à lire.

Il faut bien se dire qu’un enfant n’est jamais trop petit pour entendre parler de la mort.. Quant à la relation entre l’enfant et la littérature, on n’est jamais trop petit non plus pour découvrir les plaisirs et les richesses apportés par la lecture.

Le livre est un des médiateurs qui peut faciliter la parole via le texte et l’image, en donnant des mots à l’adulte pour expliquer, accompagner.

Dans de nombreux livres, le thème principal tourne autour de la mort d’un personnage, ou même de son absence. Les enfants lisent et relisent ces ouvrages, sans réticence ni question superflues. On peut donc penser qu’ils y trouvent du plaisir, du bonheur même, celui-ci étant en partie liée avec la mort et avec la lecture plus précisément.

La mort d’un personnage, une séparation….mises en scène par le biais d’un personnage, permet à l’enfant de revivre au niveau fantasmatique des situations connues qui l’affectent, le questionnent.

Comme la peluche du tout-petit, compagnon de ses émotions les plus secrètes, les livres permettent aux processus de symbolisation d’opérer. Ils autorisent les interactions imaginaire-symbolique. Ainsi, ils permettent au ressenti personnel des émotions et des pulsions de participer à la construction de la pensée intellectualisée et partagée.

Bien sûr, le livre est un médiateur autour duquel peuvent et doivent s’organiser des échanges. Les livres permettent ensuite à l’enfant à retourner vers la réalité, apaisé, enrichi, transformé parfois.

Les ouvrages pour les plus jeunes, ont pour héros des petits garçons ou petites filles qui favorisent l’identification. Il est possible toutefois, de rencontrer des personnages bien éloignés de l’enfant idéal, gentil, obéissant et animé des meilleurs intentions y compris dans des sujets aussi graves que la maladie grave, la mort ou le deuil.

Qu’il s’agisse des enfants ou des adolescents, il n’existe pas de collection spécifique relative à la mort dans la littérature de jeunesse, ce thème étant présent dans plusieurs collections pour les enfants et les adolescents. Il convient toutefois de vérifier si les tranches d’âge indiquées par les éditeurs sont adaptées aux plus jeunes. Certains livres parlant de la mort peuvent ainsi, de par leur contenu, requérir l’accompagnement d’un adulte y compris pour les enfants lecteurs.
A noter que malgré la richesse des ouvrages parlant de la mort, il est très difficile de trouver des références d’ouvrages pour les tout petits avant 3 ans.

Les ouvrages destinés aux adolescents permettent également de s’identifier au narrateur ou au personnage principal. Ce dernier est généralement un jeune confronté au quotidien de n’importe quel adolescent : conflit familial, importance accordée aux copains, amour, sexualité, auxquels la problématique de la mort ou du deuil vient s’ajouter. D’une manière générale, si le style reste littéraire, il n’en exprime pas moins la violence des sentiments de révolte ou de colère propres à cet âge.

Si la mort n’est pas un sujet dont on parle, elle inspire quoiqu’il en soit de nombreux auteurs en littérature jeunesse. La fiction à elle seule aborde plusieurs thèmes tous en lien avec la mort : la maladie grave, le manque, le deuil… Les moyens existent pour parler de la mort aux plus jeunes, n’hésitons donc pas à nous en servir pour trouver un moyen de parler de l’indicible.

Voici donc une liste non exhaustive d'ouvrages pertinents :

- Adieu, Monsieur Câlin (NILSSON, Ulf ; TIDHOLM, Anna-Clara. - Paris : Oskar Jeunesse, 2007).
Dans ce livre, la vieillesse ainsi que la maladie et la mort sont abordées à travers l'histoire d'un cochon d'Inde qui s'appelle Monsieur Câlin.



- Au revoir, papa (JADOUL, Emile ; EECKHOUT Emmanuelle. - L’Ecole des Loisirs Pastel, 2006).

C’ est l’histoire d’un petit garçon dont le père est mort. Seul avec ses pensées et ses interrogations, celui-ci s’enferme dans son chagrin et ne peut accepter le nouvel amoureux de sa mère. Ambivalent envers cet homme qui vient emménager chez eux, le petit garçon se demande si sa mère a oublié son père. C’est en parlant avec elle et en se rendant tous deux au cimetière, accompagnés de « l’intrus », que le petit garçon va pouvoir avancer et s’autoriser à accepter l’amoureux de sa mère.



- La petite fille et l’arbre aux corneilles (JALONEN, Riitta ; LOUHI, Kristiina.Paris Oskar Jeunesse, 2007).

Ce livre raconte l’histoire d’une petite fille endeuillée par la mort de son père. Cette fillette confie son chagrin à un arbre, esseulé lui aussi depuis que ses amies les corneilles se sont envolées au loin. Le livre parle de la douleur de la séparation, cependant, la mention « A partir de 3 ans » de l’éditeur semble inadéquate au regard de la longueur et du lyrisme des textes.



- On me cache quelque chose (FLORIAN, Mélanie – Alice Jeunesse - Bruxelles : 2007).

Dans cet album, nous partageons le ressenti d’une jeune enfant. Suzie, surnommée « Petit Bout », a 5 ans. Autour d’elle tout le monde est triste sans que personne ne lui ait dit pourquoi.. Pourtant, Suzie a compris que sa mémé dont elle est très proche est gravement malade. Dans ce récit raconté à la première personne, les couleurs vives des illustrations, la mise en forme du texte avec des phrases qui semblent s’envoler viennent renforcer l’idée que le plus difficile pour Suzie n’est pas la maladie ou la mort de sa grand-mère mais le fait qu’on le lui cache.



- Petite plume (AERTSSEN, Kristien. – L’Ecole des loisirs/Pastel : 2007).

C’est l’histoire de Cerise qui passe des moments merveilleux chez ses grands-parents, le Professeur Plume et son épouse Madeleine. Ils partagent ensemble leur passion pour les oiseaux. L’hiver arrive et Madeleine commence à se sentir de plus en plus mal. Dans ce livre, la mort de Madeleine est exprimée par cette simple phrase « Madeleine s’endormit pour toujours ». Beaucoup de spécialistes déconseillent ce recours aux métaphores car l’enfant en s’identifiant au personnage peut craindre des situations similaires : ne plus s’endormir car cela peut être pour toujours…Cela peut accroître l’angoisse de l’enfant surtout si rien n’est parlé.



- Sors de ta chambre (REYSSET, Karine. - L’Ecole des loisirs/Pastel : 2007).

Dans cet ouvrage , la mère de Clara est décédée d’une maladie grave. Âgée de 16 ans, Clara reproche à son père d’avoir refait sa vie avec une nouvelle compagne et de vouloir vendre la maison de campagne familiale où demeurent encore des objets personnels ayant appartenu à sa mère. N’arrivant pas à communiquer verbalement son mal-être, elle décide de s’enfermer dans sa chambre et de ne plus en sortir. Le problème central réside dans la vente de la maison de campagne qui représente pour Clara une deuxième mort, symbolique cette fois, la mort du souvenir de sa mère.


 

Commentaires  

 
0 #1 03-12-2012 19:55
Bonjour,
Si je peux me permettre, j'aimerais vous inviter à découvrir le livre Est-ce que tout le monde meurt? écrit pour les enfants et leurs parents. Il est très utile aussi pour aborder la thématique de la mort en classe. Le personnage principal crée une complicité avec le lecteur et le questionne sur ses expériences.
Au plaisir de vous avoir aidé dans vos découvertes de livres traitant le thème de la mort.
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Actualités

Quand faut-il couper le cordon??

Le Dr. David J R Hutchon, obstétricien, se demande, dans un article du British Medical Journal (BMJ) en ligne, « pourquoi les obstétriciens et les sages-femmes se précipitent toujours pour serrer le cordon? » 

Les obstétriciens et les sages-femmes devraient attendre quelques minutes avant de clamper le cordon ombilical des nouveau-nés pour leur laisser ce temps de transition nécessaire placenta- respiration pulmonaire. Aujourd’hui, les recommandations des différentes sociétés savantes et des manuels de physiologie se contredisent. 

En effet, tous les mammifères (donc l'homme) doivent passer par une transition placenta- respiration pulmonaire à la naissance, et, comme pour toutes nos fonctions, les principes darwiniens ont veillé à ce que cela puisse se produire généralement sans intervention extérieure. Transition signifie ventilation des poumons, donc ouverture de la circulation pulmonaire, suivie par la fermeture de la circulation placentaire. Au cours de ces premières minutes, le nouveau-né reste lié au placenta. « Dans la nature », pas de pince en cause, la constriction des artères est causée par un spasme vasculaire.

En 2007, le Dr. Andrew Weeks informait déjà qu'il était préférable pour le nouveau-né de ne pas se précipiter pour serrer et couper le cordon à la naissance. Mais le Dr. JR Hutchon estime que malgré les recommandations, dans ce sens, de l’OMS et de l’International Federation of Gynecology and Obstetrics , il n'y a pas eu de changement significatif dans la pratique et aucun changement dans les lignes directrices de l'Institut national britannique pour la santé et l'excellence clinique (UK National Institute for Health and Clinical Excellence NICE). Il pose donc la question, pourquoi les obstétriciens si réticents à changer leur pratique?

Le Dr. Hutchon soutient donc que le clampage précoce ne présente aucun avantage pour le bébé, si cela n'est pas suffisant, il faut alors prouver qu'il est nocif.

Cependant, dans la plupart des manuels, il est stipulé que la circulation dans le cordon cesse grâce au clampage du cordon. Ce n’est pas exact, explique le Dr. Hutchon, la physiologie devrait être une description du fonctionnement normal et réel du corps. Un tel enseignement de la «physiologie» pourrait expliquer cette croyance bien enracinée et la réticence des cliniciens à retarder le clampage du cordon.

On note que les recommandations des différentes sociétés savantes sont contradictoires. En effet, le Comité scientifique du Royal College of Obstetricians and Gynaecologists indique qu'il n'ya aucune preuve que le moment de clamper le cordon a des effets sur les saignements du postpartum et pourtant recommande un clampage précoce dans ses orientations. 

De même, le UK National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) conseille encore clampage précoce du cordon dans le cadre de la gestion active de la troisième phase du travail…

Un médecin, Michael Weindling, a publié récemment un article (Archives of Disease in Childhood), dans lequel il tente de comprendre l'échec des pédiatres à adopter, malgré des éléments de preuve, la pratique du clampage différé, et James Neilson, un autre expert, dans un récent éditorial du BMJ, déclare que le clampage tardif doit être pratiqué. Le manuel du UK Resuscitation Council’s Newborn Life Support stipule que «le cordon peut généralement être maintenu environ une minute après la naissance" et avertit qu’un clampage trop précoce peut provoquer une hypovolémie.

Alors qui croire ??

Il semble nécessaire de mener d'autres recherches, afin de savoir s'il existe des situations où le clampage précoce du cordon peut, au contraire, être bénéfique pour le bébé…

(BMJ "Why do obstetricians and midwives still rush to clamp the cord?")

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