Conseil-Psy: une écoute et un accompagnement permanents

L'exposition à la télévision retarderait le développement de l'enfant de moins de 3 ans

 

Serge Tisseron nous explique son avis sur les impacts de la télévision chez les jeunes enfants.


Aujourd'hui, les conséquences physiologiques d'une consommation de télévision chez l'enfant de moins de 3 ans ne sont pas mesurées. En revanche, plusieurs études américaines montrent que la télévision chez l'enfant de moins de 3 ans ne favorise pas le développement et même peut le ralentir.

Il faut bien distinguer ce qui se passe avant 3 ans et ce qui se passe après 3 ans.

Avant 3 ans, les seules interactions dont l'enfant profite sont les interactions en vis-à-vis avec un autre humain ou avec les jouets qu'il manipule. La télévision n'apporte rien à l'enfant parce qu'elle n'est jamais interactive.

En revanche, après 3 ans, le problème est plus de cadrer la durée d'écran à une heure ou une heure et demie par jour ; d'inviter l'enfant à choisir les programmes qu'il a vraiment envie de voir ; et l'inviter à parler de ce qu'il voit pour créer des interactions autour de ce qu'il a regardé.

Entre 3 et 5 ans, un enfant ne bénéficie pas d'une consommation d'écran au-delà d'une heure ou une heure et demie. Son attention ne peut pas être maintenue si longtemps.

A partir de 6 ans, deux heures par jour sont bien suffisantes. Mais n'oublions pas qu'il s'agit de temps d'écran qui doit prendre en compte le temps de télévision et le temps de console de jeux. Si un enfant a deux heures d'écran par jour, il peut regarder deux heures la télévision ou bien jouer deux heures aux jeux vidéo, mais il faut évidemment éviter qu'il ait quatre heures en tout. Il faut donc passer un contrat avec l'enfant qui précise son temps d'écran et lui laisser l'aménager comme il veut dans la journée et en fonction des supports. C'est une manière de l'inviter à choisir et à exercer sa liberté.

Il existe deux types d'études sur les conséquences de la télévision chez le jeune enfant. Les premières montrent que l'enfant qui regarde la télévision développe plus lentement l'acquisition du langage ; et les secondes montrent qu'un bébé qui joue dans une pièce où un téléviseur est allumé a des périodes de jeu moins longues. Or, la durée des jeux spontanés d'un bébé est le meilleur indicateur de son développement futur. C'est pourquoi les chercheurs déconseillent même actuellement de faire jouer un bébé dans une pièce où un téléviseur est allumé.
Un bébé de moins de 3 ans peut jouer tout seul en présence d'un adulte qui fait autre chose à condition que cet adulte prenne tous les jours un petit moment pour accompagner le jeu du bébé et le renforcer.

En ce qui concerne le syndrome d'hyperactivité, c’ est quelque chose de très précis et aucun lien avec la consommation de télévision n'a été démontré à ce jour. En revanche, il est certain que la consommation de télévision excite l'enfant sans jamais le calmer et peut donc provoquer des troubles de la concentration et de l'attention dans les moments qui suivent. C'est pour cela qu'il vaudrait mieux qu'un enfant ne regarde pas la télévision le matin avant d'aller à l'école et le soir, juste avant de se coucher.

Serge Tisseron précise que le slogan "pas d'écran avant 3 ans" ne concerne pas seulement la télévision mais toutes les formes d'écran. Bien sûr, un enfant peut bénéficier d'un accompagnement exceptionnel dans sa découverte de DVD ou de jeux sur ordinateur, mais c'est l'exception. La règle est qu'il vaut mieux éviter les écrans d'ordinateurs avant 3 ans autant que l'écran de télévision. L'avantage de l'ordinateur est d'être interactif, mais son inconvénient est qu'il oblige l'enfant à suivre des modifications sur un écran vertical alors que sa main se déplace sur un plan horizontal. Très souvent, le bébé regarde sa main ou bien il regarde l'écran, mais la plupart des jeunes enfants n'arrivent pas à faire le lien entre les deux. Et c'est normal pour la plupart d'entre eux. Il vaut donc mieux éviter de proposer cette activité aux jeunes enfants : elle n'est pas adaptée à leur développement pour la plupart et les parents des enfants qui n'y arrivent pas risqueraient de s'inquiéter inutilement.

Avant l'âge de 3 ans, il n'existe aucune différence dans les réactions d'un enfant quels que soient les programmes qu'on lui présente. A partir de 3 ans, l'enfant commence à repérer des petites séquences narratives dans les programmes qu'il regarde et il vaut donc mieux qu'il ait quelques DVD à sa disposition plutôt que de regarder la télévision. Il peut ainsi choisir le dessin animé qu'il a envie de regarder et, en le visionnant plusieurs fois, il peut comprendre petit à petit le scénario. Les parents peuvent également, si l'enfant regarde des DVD, parler plus facilement avec lui de ce qu'il regarde, puisqu'ils peuvent les regarder eux aussi.

 

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Films pour adultes, un danger pour les enfants

C’est toute la personnalité de l’enfant qui pourrait être façonnée à la vision de films normalement réservés à l’adulte.

L’étude, publiée dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs et menée par le département de pédiatrie de la Dartmouth Medical School d’Hanovre (New Hampshire) a porté sur près de 3.600 collégiens. Les chercheurs ont constaté : un penchant plus fort à l’alcoolisme (90% de ces films présentent des scènes de consommation d’alcool) ; démarrage précoce de la consommation de tabac ; comportement violents… Cette étude qui démontre, entre autres conclusions, que les collégiens préservés de films réservés aux adultes sont moins susceptibles de commencer à consommer de l’alcool.

Les chercheurs soulignent l'importance de l’attention des parents à l'exposition de leurs enfants à certains programmes. "C’est un aspect très important de la parentalité,et qui est souvent négligé», déclare le Dr James D. Sargent. Ces résultats s'appuient sur des preuves liant l'exposition des enfants à des films “pour adultes” non seulement au début de la consommation d’alcool mais aussi aux premières cigarettes, aux comportements violents ou, dans un autre registre… à la probabilité d'avoir (très jeunes) des relations sexuelles.

Cela semble pourtant une simple question d’éducation. Les parents qui limitent l'accès à des films réservés aux adultes sont simplement plus prudents et stricts dans leur éducation, en général. Toutefois, après avoir également tenu compte d’autres critères tels que le niveau d’autorité des parents et leur capacité à exiger de manière légitime, et la perception des enfants, les chercheurs constatent toujours ce lien entre exposition à des films "pour adultes" et probabilité de commencer à consommer de l’alcool.

L’explication se trouve dans le fait que 90% des films interdits aux mineurs comportent des représentations de l’alcool et en celà accoutument déjà les collégiens à la pratique de consommation ou du moins “les rendent plus vulnérables” à l’alcool.

Mais là encore, l’analyse va plus loin : les enfants qui voient ce type de films deviennent plus enclins à «la recherche de sensations» et la prise de risque.“ Ces contenus vont jusqu’à modifier leur personnalité”, analysent les chercheurs.

(NIH, Journal of studies on Alcool and Drugs)

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