Conseil-Psy: une écoute et un accompagnement permanents

Le regard de travers Adolescence et délinquance

La délinquance juvénile

 

Une approche originale : la question de la délinquance juvénile sous l'angle de l’image et du regard

Des outils cliniques et des modalités de soin, en appui sur des études de cas cliniques

 

Le « regard de travers », telle est la raison donnée par certains adolescents délinquants pour rendre compte

de leur déchaînement de violence. À partir de cette question du regard, les auteurs, cliniciens, s’interrogent

sur les rapports entre adolescence et délinquance, entre regard et passage à l’acte, entre image et aliénation,

entre symbole et insigne. La reprise des théories psychanalytiques des changements de la puberté,

l’interrogation des théories de la délinquance ouvrent la voie à une analyse des rapports de l’adolescent à

son image et à sa tentative de résoudre l’impasse adolescente par une identification au personnage et aux

insignes de la délinquance. Condamné à montrer ce qu’il est devant un regard qui le vise « de travers »,

l’adolescent se fourvoie dans le conformisme des images. Il devient alors le héros d’un nouveau cogito selon

lequel il montre pour déduire ce qu’il est. Le regard, souvent celui de la justice, se referme pour le réduire à

ce qu’il voit. Devant ce piège, le « délinquant » pourrait citer ce que Jean Genet affirmait en son temps : « Je

sentais le besoin de devenir ce qu’on m’avait accusé d’être. » Illustré de cas cliniques, cet ouvrage constitue

une véritable aide aux professionnels concernés par la délinquance, en proposant une meilleure

compréhension des passages à l’acte et de la mise en jeu incessante du pouvoir et de l’autorité.

 

Xavier Canonge

Docteur en psychologie clinique, psychanalyste, il est expert auprès du tribunal pour enfants de Nîmes, formateur et superviseur.

Jean-Louis Pedinielli

Professeur émérite de psychologie clinique à l’université d’Aix-Marseille, est psychologue clinicien.

 

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Suicide des jeunes enfants : un rapport alarmant de Boris Cyrulnik

Selon le psychiatre Boris Cyrulnik, les enfants, dont la détresse est souvent difficile à percevoir, sont aussi capables de se donner la mort, même si l'on croit parfois à des accidents.

Comment peut-on parler de suicide pour des enfants âgés de 5 à 12 ans? Cette question relève de l'insoutenable. En effet, si l'on connaissait ce phénomène toujours en progression chez les adolescents, le relier à ce que l'on pensait être jusque-là une mort accidentelle chez les petits, interroge.

Boris Cyrulnik a déposé un rapport (Rapport publié aux éditions Odile Jacob sous le titre «Quand un enfant se donne 'la mort'»), auprès du secrétariat d'État à la Jeunesse. Il y affirme que ce phénomène sous-estimé est en augmentation : officiellement une quarantaine de cas par an, mais il insiste : « si l'on ajoute les accidents non-accidentels qui sont en fait des suicides, on arrive à une centaine chaque année ».

Le professeur Jean-Philippe Raynaud, chef de service en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CHU de Toulouse, accompagne la démarche : « Même si le phénomène est rare, je pense que cette initiative présente beaucoup d'avantages. On sait aujourd'hui qu'une brimade, la perte d'un animal de compagnie, celle d'un être cher dans la famille, un conflit entre parents ou une maladie chronique doublée de soins lourds à porter peut déclencher l'irréparable. De fait, notre société encourage la précocité et l'autonomie et demande trop souvent à l'enfant de se débrouiller seul. »

Il faut donc penser Prévention ! Car à l'image du rajeunissement de la puberté, des revendications de précocité qui progressent, de l'émergence d'enfants « adultifiés », la souffrance psychique touche de plus en plus tôt les jeunes. Selon le professeur Raynaud, « tout ce qui va créer un décalage entre la maturité réelle d'un enfant et ses aspirations » est un risque.

Selon l'Inserm, en 2009, 37 suicides d'enfants de moins de 14 ans ont été répertoriés en France métropolitaine (majoritairement par pendaison, strangulation ou asphyxie), 526 chez les 15-24 ans, tranche d'âge où le suicide est la deuxième cause de mortalité. Nul doute que cette question élargie aux plus jeunes sera au cœur du 2e Plan national 2011-2014 consacré au suicide. En Midi-Pyrénées, un programme de prévention est à l'étude par l'Agence régionale de santé.


Selon Boris Cyrulnik, les suicides aboutis sont rares chez les 5-12 ans mais ils sont certainement plus fréquents car les chiffres ne parlent que des suicides évidents. Ce sont les carences sensorielles précoces qui créent la vulnérabilité. Une pichenette peut suffire pour passer à l'acte. Une phrase blessante, une petite frustration, une mauvaise note à l'école ou le déménagement d'un copain peuvent provoquer une déflagration exceptionnelle. L'enfant peut écrire une lettre d'adieu. Le plus souvent, il se penche trop par la fenêtre ou descend d'un autobus en marche. Il ne pense pas qu'il va mourir. Il n'a pas la notion adulte de la mort. Et les adultes n'y voient qu'un accident.

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