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La loi contre la fessée : ce qu'en pense Marcel Rufo

  

(Photo AFP)

La proposition de loi d'Edwige Antier, pédiatre et députée UMP, au sujet de l'interdiction de la fessée a été refusée par Xavier Bertrand. Voici l'avis du pédopsychiatre Marcel Rufo, concernant ce projet de loi très controversé.


Une loi antifessée, est-ce une bonne idée ?

Je suis contre la fessée. On n'a pas le droit de frapper un enfant, d'autant que, paradoxalement, cela peut lui plaire. Et un parent qui donne une fessée est toujours un parent qui disjoncte. Etre parent, c'est maîtriser ses affects pour que l'enfant comprenne. Plus que jamais, alors qu'on fête les 20 ans de la Convention des droits de l'enfant, il faut rappeler que la fessée ne sert à rien et que battre un enfant est toujours un signe de faiblesse. Pour autant, légiférer sur le sujet est une véritable bêtise. Cela risquerait de radicaliser ceux qui sont pour la fessée. Et puis se pose la question de la dénonciation : verrait-on dans les allées des supermarchés des clients dénoncer des parents qu'ils ont vus donner une claque ou une fessée à leur enfant ? Bien sûr, personne ne peut nier qu'un enfant de 2 ans et demi peut parfois être casse-pied, provoquant, et se comporter en véritable petit tyran. On lui va donner une tape sur les fesses pour le calmer. Bon, c'est inutile mais on ne va pas faire une loi contre cela. Pour les enfants opposants, la meilleure réponse est de les envoyer à la maternelle !

N'est-ce pas déresponsabiliser les parents ?

Non, car il faut se séparer pour grandir. Je suggère d'ailleurs aux députés dont c'est le rôle de se pencher sur la question. Plutôt que de faire une loi pour interdire la fessée, pourquoi ne pas prévoir des structures d'accueil pour les jeunes enfants dans la phase d'opposition de 2 à 3 ans ? Cela soulagerait les familles les plus vulnérables qui seraient les premières visées par une loi antifessée. Car c'est dans les familles fragiles que les enfants sont battus : frapper son enfant, c'est frapper un devenir qui paraît impossible. Les parents qui frappent leurs enfants frappent l'avenir alors qu'ils ont un présent dévasté. Il faudrait créer des groupes de parole pour aider ces familles déboussolées.

C'est donc si grave de recevoir une fessée ?

Il y a deux générations de parents : celle d'hier qui a reçu des fessées et des claques et qui dit « ça ne nous a pas traumatisés ». Et puis il y a les parents d'aujourd'hui, que je trouve bien meilleurs, car ils sont plus dans la compréhension de l'enfant que dans l'interdit. Le rôle d'un parent est de donner son avis à l'enfant, de lui expliquer les choses. L'enfant l'acceptera.

La proposition d'Edwige Antier a en tout cas ouvert un débat...

Elle pose une belle question, celle des changements qu'a connus la famille ces dernières décennies. Souvenons-nous des hussards qui donnaient des coups de règle sur les doigts des élèves turbulents. Aujourd'hui, si un instituteur donne une fessée à un enfant, il se retrouve au tribunal. Et pourtant, on conserve le droit de frapper son propre enfant.

Des pays d'Europe l'ont interdit...

L'Europe du Nord a une conception différente de la place de l'enfant. Nous, nous sommes un pays latin où l'on considère que l'enfant nous appartient. On ne peut pas délatiniser la France.

Pédopsychiatre, expert de l'adolescence, le Pr Marcel Rufo exerce à l'hôpital Sainte-Marguerite de Marseille. Auteur prolifique, il a publié notamment, en 2009, Chacun cherche un père et, en 2000, OEdipe toi-même ! (Anne Carrière).

(Le figaro.fr)

 

Commentaires  

 
0 #1 12-12-2012 16:39
il faut faire la différence entre des petites tapes pour les jeunes enfants et de grosses fessées, donné par un papa très en colère ! Je m'occupe de jeunes enfants à nantes depuis plusieurs années et je sais qu'une petite tappe peut rapidement calmer un ou plusieurs enfants incontrolable
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Exposition précoce à la télévision, régression à l’adolescence ?

L’exposition à la télévision des enfants dès leur plus jeune âge, causerait à l'adolescence, régression du niveau et de l’engagement scolaire, tendance à la victimisation, diminution des activités sportives et physique, prise de poids...

Une nouvelle étude, réalisée par des chercheurs des universités de Montréal et du Michigan, publiée dans la dernière édition de la revue "Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine", émet un avis scientifique et très critique sur l'influence de l'exposition des enfants à la télévision sur leurs futurs développement psychosocial et mode de vie.

Les données recueillies par interview des parents, pour 1314 enfants âgés de 23 à 53 mois (4 ans et demi), portaient en particulier sur le nombre d’heures hebdomadaires d’exposition à la télévision. Les chercheurs ont établi une série de modèles statistiques mettant en évidence, sous forme d’unités, la régression des résultats scolaires, le comportement psychosocial, des caractéristiques de mode de vie en fonction de l’importance de l'exposition précoce et préscolaire des enfants à la télévision.

Par la suite, les parents et les professeurs ont pu rapporter les résultats scolaires, le comportement psychosocial, l’hygiène de vie et l’indice de masse corporelle (IMC) de l’enfant à l’âge de 10 ans.

Les résultats obtenus ont montré que chaque heure supplémentaire d’exposition à la télévision à l'âge de 29 mois correspond (en unités de base utilisées par les modèles statistiques) :
- à 7% de régression dans l'engagement en classe,
- à 6% de régression en mathématiques,
- à 10% d’augmentation de la victimisation de l’enfant par ses camarades de classe,
- à 13% de diminution du temps consacré à une activité physique le week-end,
- à 9% de diminutions du temps consacré à des activités impliquant un effort physique,
- à 10% d’augmentation de la consommation de boissons gazeuses et de collations,
- à 5% d’augmentation de l'indice de masse corporelle.

L'étude conclue que les risques à long terme associés à des niveaux plus élevés de l'exposition précoce à la télévision peuvent entraver le développement harmonieux de l’enfant et favoriser un mode de vie “malsain” à l'adolescence. Le grand public doit donc être plus que conscient des risques engendrés par une exposition des enfants à la télévision, dès le plus jeune âge.

Une précédente étude, publiée dans la même revue en juin 2009 mettait en garde professionnels et parents contre ce risque. Une étude réalisée par une équipe de l'université de Washington avait déjà démontré que la télévision, simplement allumée, provoquait chez les petits enfants de moins de 2 ans, un déficit de la capacité d’écoute et d’expression.

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